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Gabon : La méthode Atchoughou pour réduire la fraude et augmenter les recettes douanières
Publié le vendredi 6 novembre 2020  |  LaLibreville.com
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© LaLibreville.com par DR
Le nouveau DG des Douanes gabonaises, Boris Atchoughou, en visite sur le Port d`Owendo
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Jeudi 5 novembre, un mois presque jour pour jour après sa nomination en conseil des ministres, le nouveau directeur général des Douanes gabonaises s’est rendu pour son premier déplacement sur la zone portuaire d’Owendo, siège de la direction régionale des douanes et du bureau central de Libreville. Il en a profité pour décliner sa méthode pour réduire la fraude et, corrélativement, augmenter les recettes douanières.

Il sait où il va. Nommé en conseil des ministres le 2 octobre dernier, Boris Admina Atchoughou, le nouveau directeur général des Douanes gabonaises, a une feuille de route très précise en tête. Et il compte bien la dérouler tel, fidèle à sa réputation, un rouleau-compresseur.

Cet homme méthodique et très organisé était hier, jeudi, en déplacement sur le terrain. Il s’est rendu sur la zone portuaire d’Owendo, siège de la direction régionale des douanes et du bureau central de Libreville.

Le choix de cette première visite de terrain est tout sauf fortuit. Les terminaux d’Owendo constituent le premier poste de collecte des droits de douane au Gabon. Des droits qui représentent la deuxième source de recettes pour le budget de l’Etat, auquel ils contribuent à hauteur de 20 % chaque année, ce qui les place juste derrière les recettes pétrolières.

« La spécificité de la direction régionale de Libreville est que les différentes entités qui s’y trouvent sont les principaux postes de recettes. Il était donc essentiel que notre tour du propriétaire commence par ces entités-là », a justifié dans sa déclaration le directeur général.

Problème, au fil du temps, une véritable organisation parallèle a été mise en place sur le site d’Owendo. Selon une enquête administrative interne, d’importantes sommes sont ainsi chaque mois éludées des caisses du Trésor public. Au final, le manque à gagner pour l’Etat s’élèvent en dizaines de milliards de francs CFA chaque année.

Une solide réputation d’intégrité et de fermeté

Une pratique à laquelle les autorités, engagées dans une lutte sans mercis contre la corruption et les détournements de fonds publics, comptent bien mettre un terme définitif. Et rapidement. D’où le choix de Boris Atchoughou dont la solide réputation d’intégrité le dispute à celle de la fermeté.

« Il a la ferme intention de redorer le blason d’une institution dont le blason a trop longtemps été terni par des pratiques détestables qui n’ont rien à faire dans notre pays », explique l’un de ses collaborateurs qui pointe du doigt la mise en place d’une fiscalité parallèle, le non-respect des procédures, ainsi que la persistance de pratiques clientélistes relevant de la corruption. « Plusieurs entreprises bénéficient de passe-droits, ce qui constituent des milliards de manque à gagner pour l’Etat », déplore-t-il. Mais « nous avons désormais en notre possession des informations précises et circonstanciées. Les sanctions vont tomber. C’est un changement radical d’époque », promet-il.

Cette reprise en main des Douanes gabonaises est d’autant plus nécessaire que les conséquences économiques de la crise liée à la la pandémie de Covid-19 impose d’être encore plus rigoureux en matière de gestion des deniers publics. « Un effort doit être fait en matière de dépense publique, mais également en matière de recettes. Sur ce dernier point, l’un des enjeux principaux est d’améliorer le taux de recouvrement, ce qui passe par la lutte contre la fraude », analyse un professeur en économie de l’UOB. « S’attaquer aux recettes douanières est d’autant plus pertinent qu’il s’agit du principal prélèvement fiscal au Gabon », précise-t-il.

Les agents indélicats désormais systématiquement traduits devant la Justice

Ces paramètres, le nouveau patron de la Douane gabonaise les a bien à l’esprit. « Aucun centime de francs CFA qui doit légitimement lui revenir, n’ira désormais ailleurs que dans les caisses de l’Etat », a lancé, comme un avertissement, à ses équipes Boris Atchoughou. « Les agents indélicats seront systématiquement sanctionnés sur le plan administratif et traduit en Justice », a-t-il ajouté sur un ton résolu.

Les douaniers sont désormais prévenus. Leur patron ne tolérera plus aucun écart. Gare donc à ceux qui franchiraient la ligne de la légalité. Un rouleau-compresseur les attend au tournant.
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