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GABON : L’USAP dit non aux récentes mesures d’austérité prises par le gouvernement
Publié le mardi 10 decembre 2019  |  Gabon News
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© Autre presse par DR
Les membres du Bureau de l’Usap
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L’Union des syndicats de l’administration publique, parapublique et privée (Usap) a fait une déclaration ce 06 décembre dernier.Le bureau de l’Usap s’oppose contre les récentes mesures d’austérité prises par le gouvernement.C’est Fridolin Mvé Messa, le Secrétaire général qui le fait savoir lors d’un point de presse,dont l’intégralité vous est donnée dans ce qui suit.

Mesdames et Messieurs,

Travailleuses et travailleurs du Gabon,
A l’occasion de cette cérémonie de lancement des activités de notre confédération syndicale pour l’année 2020, permettez-moi un préalable, je nous prie de bien vouloir nous lever pour observer une minute de silence à l’endroit de tous les Travailleurs qui nous ont quitté au cours de cette année 2019 ; exprimons également notre solidarité et compassion pour tous ces travailleurs accidentés en fonction ou licenciés. (Je vous remercie)

Mesdames et Messieurs,
Chers Travailleurs,

L’année qui s’achève a été, pour les Travailleurs du Gabon, une période très difficile et cumulée d’incertitudes marquée par un climat social délétère et austère, consécutif, entre autres, à la vie chère, aux conflits sociaux, aux pertes d’emploi et aux licenciements pour motif économique, ajouté à cela, au grand nombre d’accidents de travail enregistrés surtout à l’intérieur même de la Zone Economique de NKOK. Une observation qui ne peut nous laisser sans réaction.

C’est face à cette dégradation continue des relations entre les Employeurs et les Travailleurs, que le Premier Ministre Chef du Gouvernement avait initié le 24 avril 2019 un dialogue social permanent avec pour objectif la prévention et le règlement des conflits de travail de manière pacifique. Un matérialisme dialectique qui devrait conduire à des reformes ou à une restructuration du Code du travail.Malheureusement, la mise en place de ce dialogue reste encore une vue de l’esprit car se heurtant au refus de certains employeurs qui assimilent ce mode de gestion à de la cogestion qu’ils ne sont pas prêts d’accepter.

S’agissant spécifiquement de la Zone Economique de Nkok, l’USAP constate pour le dénoncer que cet espace offert aux opérateurs économiques aux fins de promouvoir et de participer à l’impulsion de l’économie et des industries du pays constitue un « Etat » de non droit. En effet, les travailleurs en activité subissent un traitement inacceptable voire inhumain, une condition d’asservissement inadmissible et insupportable : ils ne disposent d’aucun contrat de travail, sont rémunérés à la tâche, travaillent sans équipements de protection et sécurité… Ils sont donc exposés au quotidien aux maladies et accidents graves. Cela est tout simplement inadmissible, intolérable dans un Etat de droit.

Ajoutons en substance que les rythmes et les heures de travail sont des plus contraignants et violent les dispositions du Code du Travail sans que les employés aient la moindre possibilité de se plaindre de leur condition d’exercice sous peine de licenciement. Une aliénation de l’homme par l’homme dans notre pays que l’USAP condamne farouchement et avec la dernière énergie.

Dans la même lancée, s’agissant du Code du Travail, l’USAP relève avec indignation que la révision de cet important instrument normatif en matière de travail et d’employabilité s’est faite sans la présence de l’ensemble des organisations des travailleurs. A la lumière des modifications introduites dans le nouveau projet de loi, on se rend donc compte que l’Etat, par ailleurs employeur, a pris fait et cause du patronat en précarisant, favorisant davantage l’assujettissement du travailleur puisque diluant l’autorité et l’influence de l’Inspecteur du travail. L’occasion nous est donné de rejeter ce projet de Loi que nous considérons aliénant, inique et antinationaliste. A cet effet, nous demandons au Parlement, représentant du peuple, de la masse des travailleurs de le censurer pur et simplement.

Mesdames et messieurs,

Suivant avec intérêt l’actualité du moment, l’USAP note avec étonnement que notre pays vit désormais au rythme de scandales politico-financiers les plus insoutenables au haut sommet de l’Etat. Préoccupés, nous nous posons cette question fondamentale : Le Gabon est-il devenu un Etat mafieux ?

En effet, après la présupposée disparition de 353 containers de Kévazingo avec ses implications financières toujours inconnues à ce jour, voilà qu’on découvre qu’un groupe de travailleurs de l’Etat parmi lesquelles les membres du Gouvernement, les hauts fonctionnaires de la Présidence de la République, de l’administration publique, les dirigeants d’entreprises ont réussis à sortir des circuits financiers des milliers, des milliards de francs CFA au moment même où nos populations subissent les effets de la crise économique déclarée. Un autre scandale qui démontre visiblement que notre pays a encore des ressources financières colossales.

Pendant que les populations peinent à se rendre à l’intérieur du pays ou à leur lieu de travail, du fait des voies de communication en piteux état, un petit d’amis s’accapare frauduleusement d’importantes ressources financières pouvant servir au développement du pays, à la construction des infrastructures, à l’amélioration des conditions de vie et de travail des populations. C’est le lieu pour nous d’exiger que toute la lumière soit faite sur ces exploits criminels, en établissant les chaînes de responsabilités et que les auteurs présumés soient démasqués et sévèrement punis par la loi.

Par ce scandale financier, l’USAP affirme en prenant les communautés nationale et internationale à témoin, que les travailleurs du Gabon se sont vus imposés injustement des mesures d’austérité visant à faire croire à une crise économique qui n’existe pas. De fait, nous avons raison de penser qu’il s’agit d’un leurre servant à remplir les poches d’une faible minorité au détriment de la masse majoritaire des travailleurs.

C’est pourquoi, face à tout ce qui précède, l’USAP demande, ici et maintenant, la levée de toutes les mesures d’austérité décidées depuis 2015 et qui affectent fortement les travailleurs et leurs familles.Malgré Eux, les travailleurs du Gabon ont accepté d’accompagner le Gouvernement, à sa demande, dans les pires moments d’une crise économique qui nous frappe tout le pays depuis près de 5 ans.

Aujourd’hui l’heure est à la reprise, le Plan de Relance de l’Economie (PRE) étant presque arrivé à son terme, les Travailleurs peuvent exiger leur part pour l’effort et les sacrifices consentis. C’est d’ailleurs les raisons pour lesquelles, ils demandent à compter de janvier 2020 :

- Le redémarrage de la régularisation des situations administratives (recrutement, intégration, titularisation, avancement, reclassement) ;
- L’organisation des concours professionnels ;
- Le paiement des rappels soldes ;
- L’ouverture des négociations salariales en entreprise ;
- Le blocage des prix du carburant à la pompe ;
- Le paiement des rappels solde ;
- L’arrimage de la pension retraite au nouveau système de rémunération.

Mesdames et Messieurs,
Ce n’est pas exagérer que de demander ces améliorations car nous sommes plus que convaincus que notre pays dispose suffisamment de ressources pour satisfaire la demande sociale, nous précisons que c’est son unique objectif. Nous réfutons d’ores et déjà la légitimité du maintien des mesures d’austérités tout en indiquant que si elles ne sont pas levées elles engendreraient dès janvier 2020 des constatations dans tous les secteurs d’activités et mettraient à mal la paix et la cohésion sociale.

Pour réminiscence, nous avons assisté à un soulèvement dans tout le pays, des élèves qui s’opposaient vigoureusement et avec insistance aux nouvelles mesures des conditions d’attribution des bourses d’études qui visaient, malheureusement, on peut le soutenir, à les priver d’un droit acquis et l’USAP ne peut le tolérer.

Notre patience a atteint ses limites et nous ne voulons plus continuer à observer passivement ce spectacle plus que désolant et pernicieux car nous nous rendons bien compte que le Travailleur est exploité voire spolier.

L’USAP restera attacher au bien être des masses laborieuses, c’est pourquoi nous appelons dès maintenant les Travailleurs du Gabon à la mobilisation et à l’organisation si les tenants du pouvoir restent silencieux à l’appel de la prise en compte et à la satisfaction de tous les points énumérés.

Que Dieu protège les Travailleurs et qu’Il donne de la clairvoyance à nos dirigeants.

Je vous remercie
Fridolin MVE MESSA
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