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Mesures d’austérité : Le Gabon essoufflé par ses dettes ?
Publié le lundi 25 juin 2018  |  Gaboneco
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© Gabon Review par DR
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Le gouvernement vient d’adopter une série de mesures qui reflètent dans l’ensemble des tensions de trésorerie publique. Une tourmente latente qui pourrait cependant s’expliquer par l’ampleur de la dette contractée par le Gabon auprès des partenaires financiers tels que le Fonds monétaire internationale (FMI).

Le temps est venu de réellement serrer la ceinture au Gabon ! Lors du récent conseil des ministres, tenu il y a quelques jours, le gouvernement a adopté une série de mesures qui vise à réduire le train de vie de l’Etat, et ce, malgré un budget prévisionnel de 2018 en hausse, (Ndlr : de +3%). L’onde de choc qui s’inscrit dans la poursuite de la mise en œuvre du Plan de Relance de l’Economie (PRE), soutenu par le Fonds Monétaire Internationale (FMI) et appliqué depuis la fin du premier semestre 2017 met en exergue des défauts de paiement de l’Etat à l’endroit de ses partenaires financiers internationaux, notamment du FMI qui a octroyé au Gabon un prêt de 642 millions de dollars au titre de mécanisme élargie de crédit (MEDC), sous condition du respect de plusieurs engagements teintés d’austérité.

Lors de la signature de l’accord avec le FMI, il y a un an jour pour jour, « le Gabon se heurtait à des redoutables défis macroéconomique en raison de la chute marquée des cours du pétrole. La croissance a ralenti, les marges de manœuvre budgétaire et extérieure se sont rétrécies et les niveaux d’endettement public se sont accrus… ». A juste titre, l’accord triennal conclu avec le FMI devrait normalement favoriser la mise en place des politiques budgétaires prudentes et parvenir à une situation de balance des paiements viables. Sur le terrain, ces projections de gouvernance se sont heurtées à la réalité. A en croire Moody’s, alors que le programme du FMI a prévu des revenus fiscaux à 11,5% du PIB en 2017, seulement 9,7% ont été effectivement réalisé. Aussi, bien que le budget prévisionnel 2018 affiche une hausse de 3%, la dette publique dont le stock est évalué à plus de 4800 milliards de francs CFA en 2017, en hausse de 18%, se présente comme une épine qui explique la mise en place récemment des réformes drastiques par le gouvernement.

Evalué à plus de 50% du PIB en 2017, son augmentation rapide compromet l’avenir des finances publiques et partant, la prospérité économique du Gabon. Et pourtant ce dessein avait été annoncé lors de la dernière évaluation pays de effectuée par l’agence de notation Moody’s qui a dégradé la note souveraine du Gabon de B3 à Caa1 avec des perspectives « stables ». Cette dégradation qui traduit le renforcement des difficultés de trésorerie du Gabon montre des faiblesses dans la gouvernance publique du Gabon. Selon les conclusions de Moody’s, « l’accumulation d’importants retards de paiements reflète de la faible capacité institutionnelle du Gabon et dénote des faiblesses particulières en matière de gestion de trésorerie ». Visiblement, les récentes mesures ne sont que le reflet de projections établies par l’agence et d’une gouvernance approximative de l’équipe actuelle. Durant les jours, voire mois à venir des tensions sociales résultantes du refus des populations d’accepter ces nouvelles mesures pourraient amplifier cette situation et peut-être, porter un coup fatal à une économie déjà fragilisée.

Michaël Moukouangui Moukala
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