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Diversification de l’économie gabonaise : le secteur minier pourrait exploser d’ici 2025 (Interview)
Publié le mardi 29 mai 2018  |  Gabon Actu
Francis
© Autre presse par DR
Francis Mayaga-Mikolo, Directeur général de la Géologie et de la Recherche minière
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Libreville – Engagé dans une politique de diversification de son économique trop dépendante du pétrole, le Gabon mise sur le secteur ministre pour assurer sa croissance économique et garantir un développement durable. Dans une interview à cœur ouvert à la rédaction de Gabonactu.com et au quotidien national L’union, le Directeur général de la Géologie et de la Recherche minière, Francis Mayaga-Mikolo liste les principaux gisements miniers qui porteront l’économie gabonaise d’ici 2025.

Gabonactu.com : Quel bilan d’activités peut-on dresser du secteur minier gabonaise en 2017 ? La crise a-t-elle un impact négatif sur le résultat des sociétés minières installées au Gabon ?

Francis Mayaga-Mikolo : Le nombre d’opérateurs miniers effectuant la recherche minière au Gabon, en vue de découvrir de nouveaux gisements s’élevait à trente-cinq (35) en 2017.Le montant global investi en 2017, dans l’exploration par les opérateurs miniers en phase de recherche, s’élève à environ à 4,4 milliards de francs CFA, en net repli par rapport à 2015 et 2016. Cette situation est due à la crise à l’échelle mondiale, marquée notamment par une baisse des cours des métaux et les difficultés pour les sociétés d’exploration de lever des capitaux sur les places boursières internationales (Toronto, Londres, Australie, etc.) et auprès des Fonds d’investissement destinés à la recherche minière.

S’agissant de l’exploitation minière nous enregistrons, pour la même année, un total 107 titres comprenant :

2 concessions minières (Comilog et Noga) + celle de la Comuf ;
2 grandes mines (CICMHZ et RGGG);
12 petites mines(voir tableau ci-joint) ;
91 carrières.
Notons que les substances les plus recherchées sont l’Or, le Fer, le Manganèse et les métaux de base.

La crise a eu un impact très négatif surtout dans le domaine des carrières qui a vu les carnets de commandes chuter drastiquement. Vous savez pertinemment que la demande des matériaux des carrières est surtout exprimée par les sociétés engagées dans les travaux publics. Or, la réduction des chantiers liés aux TP entraine des impacts négatifs sur les sociétés d’exploitation des matériaux des carrières.

Combien de permis d’exploration et d’exploitation votre département a t-il délivré entre 2016 et 2018 ? Dans quelles filières ? Et qui en sont les bénéficiaires ?

Le bilan de titres d’exploration et d’exploitation délivrés par l’administration minière entre 2016 et 2018 est le suivant :

Fin 2016 : 130 autorisations et permis d’exploitation et 49 autorisations et permis de recherche ;

Fin 2017 : 108 autorisations et permis d’exploitation et 35 autorisations et permis de recherche ;

Fin 2018 : 92 autorisations etpermis d’exploitation et 54autorisations etpermis de recherche.

Ces permis concernent plusieurs ressources minérales de notre sous-sol détaillées dans le cadrage ci-joint.

Les cours de certaines matières premières notamment le manganèse ont connu une embellie ces derniers mois. Quels ont été leur impact en termes de retombées financières pour l’Etat ? Y’a t’il d’autres ressources minières dans ce cas ? Si oui, pouvez-vous nous en dire plus ?

Il est important de rappeler que les retombées financières pour l’Etat dans le secteur minier sont calculées en année n-1.Celles-ci s’expriment en terme de revenus issus de la taxation de l’activité minière elle-même (redevance de superficie, royalties, taxes d’exportation), mais aussi et surtout des profits réalisés par les opérateurs du secteur (impôt sur les sociétés, IRPP, salaires versés, biens et services consommés, etc.).Autrement dit, les embellies constatées en 2018, produiront des impacts consolidés financiers, économiques et sociaux positifs mesurables en 2019.



Quels sont actuellement les grands projets miniers menés sur le territoire national ? Y’a-t-il un plan de promotion du secteur minier gabonais?

Les grands projets miniers suivis par l’Etat, à travers le Ministère chargé des Mines, aujourd’hui sont : le projet « Or d’Etéké », Mimongo (dans la Ngounié), mené par l’opérateur MANAGEM, avec un début de construction de la mine en mi-2018 et le démarrage de la production d’or en fin 2019.

Il y a ensuite le projet « Fer de Baniaka », Boumango (dans le Haut Ogooué), mené par le groupe minier australien GENMIN, pour lequel les études de pré-faisabilité sont en cours. Ce projet va comprendre, outre la disponibilité des installations portuaires à Owendo, la construction d’une ligne de chemin longue de 60 km pour rallier le Transgabonais existant. Le rythme de production du minerai de fer prévu est de 5 millions de tonnes par an.

Il y a également le projet « Fer de Belinga » (dans l’Ogooué Ivindo) pour la recherche de partenariats techniques et financiers afin de finaliser les études d’évaluation des ressources et conceptuelles.

Le projet « Fer de Milingui », Tchibanga (dans la Nyanga), avec le groupe sud-africain Havilah Resources Consolidated qui s’est vu attribué un permis de recherche à la fin de l’année 2017. L’objectif est de démarrer la production de minerai de fer dans un délai de 24 à 30 mois.

Le Manganèse d’Okondja (dans le Haut Ogooué), avec la société Nouvelle Gabon Mining. Les études de faisabilité sont finalisées. Il s‘agit là aussi de démarrer une production dans 18 mois.

Enfin le projet de marbre de Tchibanga dont le gisementest situé au village DousseOussou, près de la ville éponyme. Ila historiquement été exploité par les sociétés AUTOPUT/ENERGOPROJECT et SIGAMA, pour produire des carreaux de marbre, à la fin des années 1970 et milieu des années 1980. Le marbre produit avait principalement servi à la construction des édifices ayant permis d’abriter le sommet de l’Organisation de l’Unité Africaine en 1977. Les couleurs dominantes sont le gris et le blanc, notamment des blancs veinés de gris ou de marron rosé. Ces marbrures que dessinent les niveaux colorés représentent un avantage esthétique et les réserves potentielles du gisement se situent à environ 3 millions de m3. Le projet consiste à relancer la production de carreaux de marbre pour couvrir les besoins du Gabon et de la sous-région.

Au-delà des substances les plus recherchées, le Gabon fait la promotion d’autres ressources, c’est le cas du projet de Plomb et de Zinc dans la zone dite « Kroussou » dans la Ngounié.



La gestion aussi bien de la procédure d’attribution que du cycle de vie des titres miniers est accomplie jusqu’à ce jour de manière manuelle, sans logiciel ni outil informatique dédié.Ce qui est notamment à l’origine des lourdeurs et de l’opacité dans l’attribution des titres. Toute chose qui contribue à réduire l’attractivité de la destination Gabon comme pays minier. A quand le cadastre minier informatisé Monsieur le Directeur Général?



C’est un projet qui est bien avancé, nous avons une salle dédiée, avec les outils informatiques nécessaires. Ce projet n’est pas livré à ce jour par le fait que le code minier en révision et ses textes d’applications ne sont pas encore disponibles. Nous comptons finaliser ce projet qui est un élément important d’attractivité des opérateurs du secteur. A cet effet, il faut préciser que la gestion de l’information sur les titres miniers doit être modernisée par l’acquisition d’une application informatique, basée sur un Système d’Informations Géographiques (SIG). Pour gérer ces informations, il s’agira de développer une application logicielle spécifique intégrant un outil SIG pour les données géographiques et une base de données relationnelles pour les informations factuelles (références des titres, échéances, régime fiscal applicable, détenteurs successifs des titres, etc…). Cet outil permettra de traiter, de façon plus rapide, des tâches répétitives et souvent fastidieuses à mettre en œuvre.Tout ceci permettra globalement d’améliorer la célérité, la transparence et l’équité dans l’attribution des titres miniers, d’une part, et une meilleure maîtrise du cycle de vie du titre (renouvellement, transformation, cession, amodiation, mutation, etc.), d’autre part. De plus, la simplification dans la gestion favorisera fortement la fiscalisation systématique de tout ce qui se rapporte de près ou de loin à chaque titre.

Propos recueillis par Camille Boussougou
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