Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Annonces    Femmes    Nécrologie    Publicité
NEWS
Comment
Accueil
News
Politique
Article
Politique

Gabon : la crise est là
Publié le samedi 1 juillet 2017  |  Le Nouveau Gabon
Comment


Le Gabon vient d’être élu au Mécanisme élargi de crédit (MEDC) du Fonds monétaire international. L’arrivée du FMI dans le pays, pour certains, s’apparente à un ajustement structurel pendant que d’autres, pudiques, parlent d’ajustement budgétaire. Dans les deux cas, une chose doit cependant guider les analyses de tous. L’arrivée du Fonds procède de la volonté du gouvernement de gagner du temps sur les échéances qu’il doit honorer auprès de ses principaux créanciers.

Ainsi, les ressources apportées par le Fonds, comme l’exigent traditionnellement ses principes, servent en premier à calmer les fournisseurs de l’Etat, las d’attendre que le Trésor public parvienne enfin à provisionner les lignes qui doivent servir au paiement de leurs créances. Car, le Fonds ne finance pas les projets de développement, davantage les crises de liquidités internes. La baisse des avoirs extérieurs nets ou encore celle de la masse monétaire, constituent des indicateurs pouvant illustrer et attester de cette situation exceptionnelle que vit le pays. Ainsi, en résumé, les fonds serviront à résoudre les problèmes de liquidités auxquelles le pays fait face.

Le pays doit donc dès à présent, engager des réformes profondes sur son modèle économique. Car, vivre pendant d’aussi longues années sous la perfusion pétrolière, ne s’efface pas à coups de discours dans les salons feutrés. Aussi comprend-on difficilement le choix du pays de relever sa masse salariale, ses effectifs à la fonction publique alors même que les premières secousses de la crise pétrolière avaient commencé à ébranler les certitudes des dirigeants. Mais c’est à ce moment-là que les autorités ont décidé de mettre en œuvre le nouveau système de rémunération qui va propulser les salaires des fonctionnaires à 732,7 milliards de Fcfa en 2016. Un dépassement de 17% des critères de convergence de la CEMAC qui plafonnent la masse salariale à 35% des recettes fiscales. Pour le Gabon, les salaires des agents publics et des fonctionnaires s’établissent à 52% ! Et, au regard des trous observés dans les recettes fiscales (442 milliards de Fcfa), celle-ci a dépassé les 65%.

Malgré cela cependant, le pays refuse d’ajuster sa masse salariale, encore moins ses effectifs, arguant que les revenus des fonctionnaires ne sont pas exorbitants. Et pourtant, au dernier trimestre 2016, la masse salariale enregistre une hausse supplémentaire de 20%, du fait de la prise en solde des nouveaux fonctionnaires dans certains corps de l’administration.

Au-delà, les charges de l’Etat augmentent, la dette publique prend du volume et plafonne selon les estimations de la Banque mondiale à 64% du PIB. Ainsi, pour desserrer l’étreinte des bailleurs de fonds et des prestataires, le Gabon, grâce à la conception de son plan de relance, accède au MEDC. Mais les conditionnalités sont connues : il faudra augmenter l’assiette fiscale, fortement mise à mal ces derniers temps avec les mouvements d’humeur à la douane et aux impôts ; réduire les exonérations fiscales discrétionnaires qui handicapent les efforts de mobilisation et de collecte des ressources propres. Il faudra que l’Etat se désengage davantage du secteur productif et de tous les secteurs budgétivores, notamment les agences dont l’efficacité commence à montrer des limites et des signes d’essoufflement. Ensuite, agir sur la masse salariale des agents publics et fonctionnaires. A défaut de déflater, l’on devra assainir le fichier solde, question de nettoyer les doublons, les fonctionnaires fictifs, les morts ainsi que ceux qui sont en détachement auprès d’autres administrations, pour ne retenir que les agents productifs et clairement identifiables. Une opération qui va forcément entraîner une réduction des effectifs de la fonction publique.

Pour ce qui est des entreprises publiques et parapubliques, des repreneurs seront sollicités pour leur privatisation ou liquidation. Là encore, l’on aura des grincements de dents. Un tour de vis qui risque, bien que l’Etat s’en défende, d’affecter certains secteurs sociaux comme les prix des denrées alimentaires. 25 nouveaux produits viennent en effet de faire leur entrée dans la liste des produits détaxés tandis que 17 autres en faisaient leur sortie, à la faveur de la mise en service de la nouvelle mercuriale annoncée par le gouvernement.

SeM
Commentaires


Comment