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Budget 2017 : Ngolo Anili déboute les dogmes de Ntoutoume Ayi
Publié le jeudi 8 juin 2017  |  Gabon Economie
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Point par point, le directeur général de l’Economie et de la politique fiscale déconstruit les arguments de Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, de l’Union nationale, qui a affirmé récemment que l’Etat est en faillite, en se basant sur la loi de Finances rectificatives 2017 proposée par le gouvernement.

A peine lancé, le débat sur le projet de loi de Finances rectificatives 2017, adopté en Conseil des ministres le 19 mai 2017, semble déjà achevé avec la sortie du directeur général de l’Economie et de la politique fiscale. Jean Baptiste Ngolo Alini, par ailleurs vice-président du Comité de cadrage macroéconomique, a laissé de côté son flegme habituel pour porter à la connaissance des Gabonais des précisions sur cette loi. Sa réponse fait suite à la sortie de Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, présenté par certains comme « l’économiste en chef » de l’Union nationale, le plus influent parti de l’opposition, qui avait estimé que ladite loi est la démonstration de « la faillite de l’Etat gabonais ».

« Faux », répond avec certitude Jean Baptiste Ngolo Alini. Qui qualifie de « dogmes » et de « lecture erronée » les analyses de l’Union nationale. En fin spécialiste des questions budgétaires, Jean Baptiste Ngolo Alini déconstruit ses cinq théories. La première porte sur le postulat selon lequel les arriérés de dette devraient se poursuivre en 2017 parce qu’en 2016 déjà, l’Etat les avait accumulés. « Il s’agit là d’un raisonnement simpliste », rétorque le fonctionnaire du ministère de l’Economie. Il rappelle que le projet de loi de Finances 2017 intègre le remboursement des arriérés, notamment 97 milliards FCFA pour les instances au Trésor, 86 milliards FCFA pour les arriérés TVA, 146 milliards FCFA d’arriérés sur la dette extérieure, et 42 milliards FCFA d’arriérés sur la dette intérieure.

S’agissant de la masse salariale qui, selon l’Union nationale, ne pourrait baisser du fait de l’augmentation des effectifs, Jean baptiste Ngolo Alini fait la démonstration que plusieurs mécanismes rendent ce cas de figure possible : les agents allant à la retraite sont généralement 2 à 3 fois mieux rémunérés que ceux qui rentrent dans le Fonction publique pour la première fois ; le nettoyage du fichier solde, en cours, permettra de lutter contre la perception de revenus indus et générer ainsi des économies. Par ailleurs, le gouvernement va rationaliser les services personnalisés, créant d’autres poches d’économies ; en même temps qu’il va rationaliser l’attribution des primes ou indemnités de fonction, de logement, de transport, de résidence à l’étranger…

L’autre « théorie » de l’Union nationale battu en brèche, c’est celle qui consiste à faire croire que l’augmentation des biens et services traduit l’incapacité de l’Etat à réduire son train de vie. A ce sujet, le gouvernement révèle que dans la loi de Finances rectificatives 2017, les dépenses de biens et services hors remboursables de TVA sont projetées à 188 milliards FCFA, alors qu’elles étaient de 251 milliards FCFA l’an dernier, ce qui représente une baisse de 25%. Et donc, conclut Jean Baptiste Ngolo Alini à ce sujet : « le gouvernement a mis l’accent sur la maitrise de la masse salariale, les dépenses d’équipements et les transferts. Il y a donc effectivement réduction du train de vie de l’Etat ».

Dépenses de transfert…

L’autre « incongruité » décriée par le spécialiste des questions budgétaires porte sur les dépenses de transfert. L’Union nationale a tenté de faire croire à l’opinion publique que les subventions aux indigents seront supprimées. La réponse est claire et nette. « La ROAM a été remplacée par la Contribution spéciale de solidarité (CSS). Elle n’a donc pas été supprimée mais est désormais prise en charge dans les opérations de trésorerie », soutient le membre du Comité de cadrage macroéconomique. Qui souligne que la CSS va permettre de mobiliser plus de ressources et mieux soutenir les Gabonais économiquement faibles.

Toujours sur les dépenses de transfert, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi a laissé croire que les bourses baisseraient de 11 milliards FCFA du fait de la suppression de nombreux bénéficiaires. S’il est vrai que le montant de ces allocations va diminuer de 6,2 milliards FCFA comme le reconnaît le gouvernement, il n’en demeure pas moins que ce sera simplement dû à la réforme sur système de gestion des bourses qui prévoit la méritocratie comme critère par excellence de choix des boursiers. L’ancien système a laissé transparaitre des tares : attributions de bourses à des étudiants fictifs, par exemple.

Pour finir avec ce chapitre, le directeur général de l’Economie relève que la déclaration de l’Union nationale ne tient compte que de la baisse de la subvention d’équilibre qui est justifiée par la prise en compte de l’exécution à fin décembre 2016. Or, le projet de loi de Finances rectificative 2017 prévoit une enveloppe de 54,6 milliards FCFA répartie en dépenses du compte d’affectation spéciale pensions pour 24,6 milliards FCFA et en subvention d’équilibre pour 30 milliards FCFA.

Investissements

Le dernier dogme à s’écrouler comme un château de cartes sous les éclairages de Jean Baptiste Ngolo Alini est celui selon lequel « la réalisation des investissements est d’avance compromise ». L’Union nationale en est convaincue parce que « la mobilisation des ressources extérieures est conditionnée par le décaissement des contreparties locales ». La réponse à cette allégation est simple : « la limite de cette démonstration est qu’elle ne précise pas pourquoi ces contreparties locales ne seraient pas décaissées ». Et Jean Baptiste Ngolo Alini de préciser que le plan d’investissement étalé sur trois ans et établi par le gouvernement est assis sur une programmation financière qui prend en compte les recouvrements de l’Etat.

Tout compte fait, précise Jean Baptiste Ngolo Alini, l’Etat gabonais n’est pas en faillite. Pour débouter ces « affabulations », comme il qualifie ces déclarations, l’homme propose trois lectures. Premièrement, le financement des investissements par les ressources d’emprunt n’est pas une invention du Gabon, et encore moins une première dans le pays. Deuxièmement, continue-t-il, et contrairement aux dires de l’Union nationale, les recettes propres couvrent parfaitement le budget de fonctionnement qui prend en compte les intérêts de la dette (249 milliards FCFA), les salaires (710 milliards FCFA), les biens et services (191 milliards FCFA) et les autres dépenses (30 milliards FCFA). Soit en tout 1 431 milliards FCFA. « Le Gabon ne s’endette donc pas pour financer son fonctionnement », souligne-t-il. Enfin, des réformes structurelles majeures seront mises en œuvres dans le cadre du Plan de relance de l’économie, les équipements collectifs seront renforcés, et les engagements pris seront honorés.

En définitive, Jean Baptiste Ngolo Alini salue l’initiative de Jean Gaspard Ntoutoume Ayi d’avoir tenté de lancer le débat sur les questions budgétaires, mais estime que sur le fonds, le membre du parti Union nationale a voulu « noircir l’image du gouvernement et du pays tout entier ». « La réalité est volontairement dénaturée au profit des affirmations erronées, des raccourcis volontaires et des conclusions dictées par une ligne politique partisane de la critique pour la critique », conclut-il. Comme nous l’avions souligné antérieurement dans nos colonnes, après le débat politique, place au débat économique, à condition d’avoir les arguments…
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