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Presse : La boulimie médiatique d’Yves-Fernand Manfoumbi
Publié le vendredi 16 decembre 2016  |  Gabon Review
Yves
© Autre presse par DR
Yves Fernand Manfoumbi, ministre de l’Agriculture
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Le patron de l’association Renaissance est le promoteur de nombreux tabloïds mais aussi de journaux en ligne et de deux radiotélévisions. Avec tout ce patrimoine médiatique, Yves-Fernand Manfoumbi se prépare-t-il à des échéances électorales majeures ?

Le ministre de l’Agriculture a lancé, le 10 décembre dernier, une radio communautaire à Ndendé, dans le département de la Dola. Dénommée «La Voix de la Dola», cette radio qui doit toucher, dans un premier temps, l’ensemble du département éponyme, a pour ambition d’arroser toute la province de la Ngounié (près de 125.000 habitants), ainsi que la Nyanga et les villes frontalières du Congo où résident quelques compatriotes. La Voix de la Dola vient enrichir le patrimoine médiatique du fondateur de l’association politique Renaissance et amène certains observateurs à se demander si l’intéressé ne se prépare pas pour des élections politiques majeures.

Il détenait déjà un groupe de presse (écrite) comptant plusieurs hebdomadaires : Matin Équatorial, La Tribune du Grand Sud, Le Témoin, L’Objectif, dans lesquels signent des universitaires (tout de même !) et d’anciennes plumes du quotidien L’Union. Dans le domaine audiovisuel, il était déjà propriétaire d’une télévision et d’une radio à vocation nationale, Renaissance TV et Radio Renaissance, dans lesquelles officie notamment un ancien rédacteur en chef d’Africa N°1, qui vient d’être porté à la supervision totale de ce duo hertzien. C’est dire qu’Yves-Fernand Manfoumbi est à la tête d’un groupe de presse et de communication d’envergure qui n’arrête pas d’évoluer, puisque Matin Équatorial est devenu un quotidien à la faveur de la campagne électorale de la dernière présidentielle.

Groupe de presse, télévision et radios

Pour certains de ses proches, l’ambition de l’actuel ministre de l’Agriculture est, à terme, de mettre sa chaîne de télévision sur satellite, à l’instar d’un Blaise Louembet qui l’a fait avec Kanal 7. Le recrutement de professionnels confirmés indique d’ailleurs qu’Yves-Fernand Manfoumbi sait ce qu’il veut.

Il ne lui restait donc plus qu’à investir le champ local. Il vient de le faire il y a quelques jours avec le lancement, à Ndendé, de «La Voix de la Dola», une radio que le fondateur de l’association «La Ngounié Forte» veut communautaire et porteuse de la voix des populations du sud-Gabon. La cérémonie s’est déroulée en présence du maire de la ville, Maïté Mapangou Moukani Muetsa, et de toute la notabilité locale. La radio va «desservir», dans un premier temps, toute la Dola, avant d’aller au-delà. Mais Yves-Fernand Manfoumbi ne s’arrête pas là ; il compte également des journaux en ligne : ndende9routes.com et gaboninitiatives.com. Ce qui a amené un universitaire Gabonais à s’interroger : «Un groupe de presse, une chaîne de télévision, deux stations de radio, oui mais à quelles fins ?» Si la plupart des médias ici listés ont servi à la promotion du candidat Ali Bongo lors de la dernière élection présidentielle, un bon nombre d’entre eux ont été mis en hibernation depuis la fin du processus électoral. Mais l’importance de ce qu’il en reste et le lancement récent de la radio sus citée, démontrent que l’ancien directeur général du Budget et ancien patron du Bureau de coordination du Plan stratégique Gabon émergent (BCPSGE) n’est pas prêt de s’arrêter en si bon chemin.

«Pas le moment d’en parler»

Pour un bon nombre d’observateurs, depuis le décès de Pierre Mamboundou, le Sud Gabon ne dispose plus d’un grand leader. Pour eux, l’actuel ministre de l’Agriculture qui avait besoin d’entrer au gouvernement, voudrait, peut et doit être le leader de la Nyangou (contraction de Nyanga et Ngounié, les deux provinces australes du Gabon). Pierre-Claver Maganga Moussavou s’étant «cramé tout seul» après «toutes ses voltefaces, ses multiples revirements». Mais dès qu’on demande aux proches de l’actuel ministre de l’Agriculture s’il a l’ambition de se porter un jour candidat à l’élection présidentielle, ils répondent en chœur : «ce n’est pas le moment d’en parler». Il faut souhaiter, pour l’intéressé, que ses camarades et amis politiques n’en prennent ombrage… La boulimie médiatique d’Yves-Fernand Manfoumbi, que l’on dit bien nanti financièrement, n’étant pas sans rappeler celle d’André Mba Obame, «frère» et néanmoins adversaire d’Ali Bongo lors de la présidentielle anticipée de 2009.
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