Le syndicat national des magistrats gabonais (Synamag) a protesté vendredi contre les nominations récentes du Conseil de la magistrature, présidé par le chef de l'Etat Ali Bongo Ondimba, et dénoncé une instrumentalisation de l'exécutif sur le judiciaire.
"Nous dénonçons des nominations qui violent les statuts de la magistrature", a affirmé vendredi à l'AFP le juge Claver Harnac Mbélé, membre du bureau exécutif du Synamag.
Jeudi, les portes du Palais de justice de Libreville sont restées fermées et aucune audience n'a eu lieu, suite à ce mouvement d'humeur lancé par les magistrats.
Selon les protestataires, certains magistrats de grades inférieurs ont été promus début mai à des postes auxquels ils ne devaient pas avoir accès, par exemple pour diriger des magistrats hors hiérarchie, tandis que de hauts cadres ont à l'inverse été rétrogradés.
"Les décisions ne sont plus soumises au vote (comme le prévoit la loi) lorsque le Conseil de la magistrature se réunit. La vingtaine de magistrats qui y siègent sont devenus des spectateurs, ils entérinent seulement les décisions qui sont déjà prises", affirme M. Mbélé.
Outre le fait que le chef de l'Etat préside lui-même cette institution, les magistrats dénoncent enfin la présence de certains de ses collaborateurs directs lors des réunions du Conseil de la magistrature, et réclament une révision de la Constitution pour garantir l'indépendance de la justice.
Une rencontre est prévue vendredi après-midi avec le ministre de la Justice, Séraphin Moundounga. Le syndicat a prévenu qu'en cas de non-satisfaction de ses revendications, il était prêt à déclencher une grève.