À défaut d’une marche pacifique pour réclamer le retour des enseignants dans les salles de classe, le choix d’une prise d’assaut des établissements du pays vient de s’offrir aux potaches.
Préoccupés par la situation créée par une absence de compromis entre le gouvernement et le corps enseignant, le «mouvement sauvons l’école» appelle les élèves et étudiants du Gabon à une grande mobilisation à compter du 9 mars prochain. Selon les initiateurs de ce mouvement, il s’agit de ne pas se laisser surprendre par une année blanche en contraignant les pouvoirs publics à sortir de leur mutisme au sujet de cette menace qui se fait de plus en plus pesante.
Selon le coordonnateur du mouvement, les manifestants devront se rendre dans leurs différents établissements vêtus d’uniformes scolaires avec des pancartes pour dire «non à l’année blanche, non aux sacrifices de la jeunesse et demander satisfaction totale des revendications des enseignants». Par ce scénario, Paul Jeffrey Nziengui espère contribuer à sauver l’école gabonaise, qui se meurt progressivement sous le regard impassible du gouvernement.
Cette technique de revendication, bien que pacifique, pourrait néanmoins se heurter au refus de voir les manifestants accéder aux établissements scolaires. Il ne serait guère étonnant de voir des flics et gendarmes massés devant les établissements scolaires de la capitale. Or, comme le dit l’écrivain espagnol Georges Bernanos «il faut des indisciplinés pour faire un peuple libre, et beaucoup de jeunes fous pour faire un peuple héroïque (…). C’est la fièvre de la jeunesse qui maintient le reste du monde à la température normale. Quand la jeunesse se refroidit, le reste du monde claque des dents». Avis…