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Présidentielle 2023 : Ossouka Raponda, le capitaine dans la gadoue
Publié le mercredi 1 decembre 2021  |  Gabon Review
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© Autre presse par DR
Rose Christiane Ossouka Raponda, a représenté Ali Bongo au Colloque : "De Gaulle et Brazzaville : une mémoire partagée entre la France, le Congo et l`Afrique"
Mardi 27 Octobre 2020. Rose Christiane Ossouka Raponda, a représenté Ali Bongo au Colloque : "De Gaulle et Brazzaville : une mémoire partagée entre la France, le Congo et l`Afrique"
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«Quand la mer est tranquille, chaque bateau a un bon capitaine», dit la sagesse populaire. Dans l’océan sociopolitique gabonais, lourdement plombé par le Covid-19, la navigation de Rose Christiane Ossouka Raponda laisse très peu entrevoir l’éloignement du cap fixé et le fracas en perspective. À deux ans de la prochaine présidentielle, le Journal L’Ombre estime qu’elle ne fait pas l’affaire et qu’il est temps de la changer. Dans la foulée, Gabonreview y a succinctement regardé aussi.

Nommée le 16 juillet 2020 au poste de Premier ministre avec pour objectif, non écrit, un bilan positif avant la présidentielle de 2023, Ossouka Raponda semble bien loin de la satisfaction escomptée par les artisans de son casting. Si la rumeur persistante d’un changement très prochain du gouvernement venait à se confirmer, le Palais du bord de mer va-t-il donc devoir écourter son bail au «2-Décembre» ? Très peu d’arguments permettent d’en douter. Une rétrospective et un regard panoramique sur l’évolution du pays depuis son arrivée démontre qu’elle n’aura pas travaillé.

«L’immobilisme et l’inefficacité de la cheffe»

En septembre 2020, lors de sa déclaration de politique générale, Ossouka Raponda promettait d’«accélérer l’exécution des projets en partenariat publics-privés, de rendre lisible l’action de l’État en matière d’investissement public, de poursuivre l’exécution des projets d’investissements en cours et de restaurer la confiance des investisseurs en améliorant l’environnement des affaires». Y est-on ? S’en rapproche-t-on ? Que nenni ! À titre d’illustration, le Plan d’accélération de la transformation (PAT), fruit d’un séminaire gouvernemental dont elle était le maitre d’ouvrage, s’est mué en nouvel aromate de saupoudrage des déclarations et autres baratins politiques. Autre illustration, le projet routier de la Transgabonaise, dont elle a posé la première pierre le 25 septembre 2020, est devenu une incantation favorisant l’obtention de prêts (Bicig, BAD, etc.).

Alors qu’approche à grands pas la présidentielle de 2023, il y a lieu pour le pourvoir en place de s’ébrouer, de faire bouger les choses pour parvenir ne fut-ce qu’à un petit bilan pouvant servir durant la campagne électorale. Etant un scrutin à deux tours, plutôt qu’à tour unique favorisant la prestidigitation comme de tradition, la prochaine présidentielle devrait, dans le camp du pouvoir, rajouter des incertitudes quant à la réussite des tours de force. Il faut donc pousser un grand braquet. C’est connu : quand on change de système, on change de marketing et de stratégie. On abandonne les recettes obsolètes et éculées. D’où la nécessité d’un élagage drastique, et pourquoi pas la nomination d’un gouvernement pouvant au moins travailler sur la dernière ligne droite et effacer l’aspect cosmétique de l’actuel avec son chef, paravent de l’approche genre à la gabonaise et choix d’un effet de mode.

Vaudevilles ubuesques

«L’immobilisme et l’inefficacité de la cheffe du gouvernement sont attentatoires à la vision politique du président de la république, de même que tout ceci est préjudiciable et hypothèque le succès attendu pour 2023 », a écrit le Journal L’ombre, le 26 novembre dernier. Abordant le management de son équipe gouvernementale, le même média ajoute : «La locataire du 2 décembre, loin de rassembler est plutôt perçue comme le plus grand diviseur commun, tant elle a fragilisé la cohésion et la solidarité. Et ce n’est point sans raison, si aujourd’hui on voit son ombre planer sur d’innombrables scandales. L’atmosphère au sein du gouvernement est si délétère de par les vaudevilles ubuesques qu’elle y a orchestré.»

Ce qui ramène en effet à l’affaire des sacs d’argent de Massasa au sujet de laquelle Jessye Ella Ekogha, porte-parole de la présidence de la République, indiquait, mi-septembre dernier, «si ces faits sont avérés, il y aura une sanction». Selon certains médias, notamment Échos du Nord Confidentiel, l’affaire n’en était pas une : «Rose Christiane Ossouka Raponda a affabulé. Elle ne sera pas capable de brandir la moindre preuve pour corroborer ses accusations.» Et, rappelant que le «safari financier de la mairie de Libreville a fait voler en éclats [les] dernières illusions, tout en faisant craquer la fine couche de vernis trop vite qualifiée de vertu, d’intégrité et de probité», le Journal L’ombre d’enfoncer le clou : cette affaire «n’est pas pour le Premier ministre un caillou dans la chaussure mais bien une pierre tombale politique avec pour épitaphe : La perfidie ne peut masquer indéfiniment la vérité.»

«Petits intérêts particuliers» et «agendas cachés»

S’exprimant, le 25 juin 2021, devant le Parlement réuni en congrès, le président de la République, Ali Bongo Ondimba, avait parlé, en conclusion de son allocution, «de petits intérêts particuliers» et «des agendas cachés», susceptibles «de désagréger notre unité, notre solidarité et notre vivre ensemble». Nombreux avaient alors pensé que le chef du gouvernement déroulait un agenda personnel, ainsi qu’en témoignait l’éviction en règle du maire de Libreville, Eugène Mba, visiblement pas dans ses bonnes grâces, disait-on à l’hôtel de ville, après avoir obtenu la tête de son prédécesseur Léandre Nzué. Une affaire réglée, pendant que le ministre d’Etat à l’Intérieur était dans l’incapacité de réagir. Le côté intriguant de celle qui a été surnommée l’«Édith Cresson du Gabon» par l’analyste politique Télesphore Obame Ngomo.

L’ancienne cadre supérieur du ministère de l’Economie et des Finances devenue, tour à tour, ministre du Budget, maire de Libreville puis ministre de la Défense nationale avant que la Primature ne lui échoie, aura eu du mal à convaincre, dans l’action comme dans la rhétorique ou même le parler. Arrivée au «2-Décembre» en pleine pandémie, Rose Christiane Ossouka Raponda aura fait du surplace avec une gestion désarticulée du Covid-19.

Un bilan plus pointilleux de son action fera-t-il mentir l’évidence de son échec ? On demande à voir. Arrivera-t-elle à rétablir la confiance ? On peut nourrir des doutes. Réussira-t-elle à mettre en mouvement le corps social ? Pourra-t-elle relancer la machine économique ? Pas sûr. L’enjeu politique majeur du proche horizon de 2023 recommande de réfléchir sur cet aphorisme souvent attribué à Omar Bongo : «Lorsqu’un bordel ne marche plus, ce n’est pas la façade qu’il faut changer, mais les putains qu’il y a dedans».
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