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Gabon: le désaveu opportuniste de Bilie-By-Nze contre Laccruche Alihanga
Publié le lundi 30 decembre 2019  |  Gabon Media Time
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© Autre presse par DR
Le Porte-parole du Gouvernement, Alain-Claude Bilie-By-Nze
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Sur les ondes de Radio France Internationale (RFI), le jeudi 26 décembre dernier, Alain Claude Bilie By Nze, actuel ministre des Affaires étrangères s’est fendu d’une déclaration aux allures de bombe sur l’ancien directeur de cabinet du président de la République (DCPR). L’ancien porte parole du gouvernement a, en effet révélé que Brice Laccruche Alihanga n’agissait pas sous les recommandations du Chef de l’Etat mais bien de son propre chef. De quoi exhumer le débat sur la capacité à diriger du président de la République et sur la légitimité du Premier ministre Julien Nkoghe Bekale.

Une « boule puante » c’est ainsi que l’on peut qualifier cette bourde de communication effectuée par Alain Claude Bilie-By-Nze, actuel ministre des affaires étrangères, par cette sortie à travers laquelle, il désavoue opportunément le président de l’Association des jeunes émergents volontaires (AJEV), ancien directeur de cabinet du Chef de l’Etat, aujourd’hui écroué à la Prison centrale de Libreville dans le cadre de l’opération anticorruption scorpion, Brice Laccruche Alihanga. Face au micro de Radio France Internationale, l’ancien porte parole du gouvernement, pourtant communicant patenté, s’est pris les pieds dans le tapis dans un exercice qu’il maîtrise pourtant parfaitement.

Evoquant la tournée dite « républicaine » entamée à travers le pays par le « messager intime » du président de la République, Alain Claude Bilie-By-Nze, profitant certainement de l’infortune du dernier cité, s’est offert la liberté de pondre une déclaration qu’il n’aurait pourtant pas osé faire du temps de la toute puissance de Brice Laccruche Alihanga au sommet de l’Etat. « C’est une tournée qu’il avait engagée en indiquant qu’il était porteur d’un message du chef de l’Etat. On s’est rendu compte, finalement, au vu de la tournure des événements, qu’il n’en était rien » a–t-il d’abord révélé.

Pour enfoncer le clou de son désaveu typique d’un équilibriste politique, l’actuel ministre d’Etat pourtant promu au portefeuille hautement stratégique des Affaires étrangères sous l’ère de la toute puissance du DCPR estime désormais qu’« Au vu des décisions qui sont intervenues par la suite, on s’est rendu compte que c’était sa propre initiative. Et c’est bien dommage ! » a–t-il conclu au micro d’un journaliste de Radio France International (RFI). Curieux retournement de veste qui d’ailleurs ne surprend pas les observateurs les plus avertis de la vie politique gabonaise.

Le président de la République Ali Bongo Ondimba et le Premier ministre, Chef du gouvernement Julien Nkoghe Bekale se seraient bien passés d’une telle déclaration qui remet fortement en cause leur autorité à la tête de l’Etat et plus grave, leur capacité à diriger convenablement le Gabon. Car si les deux détenteurs du pouvoir exécutif sont restés passifs et apathiques devant les « dérapages institutionnels » de l’ancien ministre du Suivi de la stratégie des investissements humains et des Objectifs de développement durable Brice Laccruche Alihanga, c’est qu’il y a eu durant cette période, de grandes absences au sommet de l’Etat. Ce qui serait extrêmement grave. Une déclaration qui du reste, et au grand dam du tandem, Ali Bongo/Nkoghe Bekale, légitime la fameuse question vulgarisée par le collectif Appel à agir, « Qui dirige le Gabon ? »

Cette déclaration bien que inappropriée pour le pouvoir soulève quand même plusieurs interrogations. Alain Claude Bilie-By-Nze prétend que Brice Laccruche Alihanga, ex-directeur de Cabinet civil du président de la République à l’époque n’avait pas reçu pour sa tournée et ses activités l’aval et la bénédiction d’Ali Bongo Ondimba. Interrogeons–nous. Quand les ministres et les officiels se sont succédé pour accueillir triomphalement le « messager intime » dans leurs provinces respectives, étaient-ils conscients ou pas de ce que le Brice Laccruche Alihanga agissait de son propre chef ? Le Premier ministre, et le ministre des Affaires étrangères himself, n’avaient donc aucun contact avec le chef de l’Etat aux fins de savoir si le DCPR agissait bien au nom du numéro 1 gabonais ? Ali Bongo présent au meeting de clôture de ladite tournée à Libreville s’est-il consciemment rendu à un événement qu’il n’avait pas autorisé ? Le président agirait-il sans discernement?

Alain Claude Bilie-By-Nze est invité à répondre ces différents questionnement aux fins d’éclairer l’opinion sur cette sortie qui jette en pâture le Chef de l’Etat et le Chef du gouvernement. Surtout que le 19 septembre dernier, l’actuel ministre des Affaires étrangères, sur son compte facebook, publiait la déclaration suivante : « En prélude à l’arrivée à Makokou du Directeur de cabinet du Président de la République, en sa qualité d’émissaire du Président de la République, Chef de l’État, Son Excellence Ali Bongo Ondimba, j’ai présidé une série de rencontres avec les élus locaux, les chefs de quartiers ainsi que les responsables politiques locaux du PDG afin de régler les derniers détails pour lui réserver un accueil chaleureux en terre ogivine ». A cette époque pourtant, Bilie-By-Nze parlait bien « d’émissaire du président de la République».

Entre désaveu et opportunisme, en voulant surfer sur le malheur de Brice Laccruche Alihanga aujourd’hui emprisonné dans le cadre d’une opération scorpion dite anticorruption alors même que des personnalités soupçonnées de détournements de deniers publics lors du premier mandat d’Ali Bongo Ondimba courent toujours, les éléphants blancs disséminés à travers le pays, révélateurs de leur boulimie financière sont encore visibles. Pour mieux se faire voir par le « chef », qui visiblement a repris du poil de bête, Alain Claude Bilie-By-Nze, qui est familier des geôles de « sans famille » s’englue dans les incohérences de ses propres déclarations.
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