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Paul-Marie Gondjout appelle à ouvrir un nouvel horizon au Gabon
Publié le dimanche 5 mai 2019  |  Gabon Actu
Paul-Marie
© Autre presse par DR
Paul-Marie Gondjout, le secrétaire exécutif de l’UN
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Libreville, Paul Marie Gondjout, cadre du parti de l’opposition l’Union nationale (UN) a publié samedi à Libreville en son nom propre une déclaration dans laquelle il livre sa vision du Gabon en lançant un appel à « ouvrir un nouvel horizon au Gabon ».

Voici sa déclaration :

Déclaration de Monsieur Paul-Marie GONDJOUT
Sur sa vision : Ouvrir un Nouvel Horizon au Gabon.
04 mai 2019

Mesdames et Messieurs de la Presse,
Mesdames et Messieurs, qui m’avez fait l’honneur de répondre à mon invitation,
Je viens m’adresser à tous les compatriotes gabonais ce jour, pour leur faire une Offre politique consistant à ouvrir un Nouvel Horizon au Gabon, notre Pays.

Depuis maintenant un peu plus de six (6) mois, le Gabon vit des moments inédits de son histoire, et l’on ne peut encore, à ce jour, ni voir, ni savoir ce qui en sortira, la situation étant pleine d’incertitudes.
La grave maladie dont souffre le Chef de l’Etat depuis lors, est venue mettre en lumière ce qui était déjà subodoré, à savoir : la carence de la gestion du pouvoir et de l’Etat. Celle-ci s’est muée, pour le Gabon, en Tragédie politique, économique et sociale, résultat d’une désastreuse gouvernance qu’est venue amplifier la crise des cours du pétrole brut.
Aujourd’hui, c’est comme un malade dans le coma que vit le Gabon. Le pays est quasiment à l’arrêt et rien n’indique qu’il puisse se relever maintenant, si rien n’est fait pour stopper l’hémorragie, surtout dans les conditions actuelles de la Tragédie que j’ai indiquée plus haut.
Il y a donc urgence à agir vite pour éviter le pire. Le Gabon est à repenser, il est à rebâtir. L’état de la nation doit tous nous interpeller pour faire preuve de courage, et vivre véritablement la politique autrement car, c’est d’un électrochoc dont a besoin notre pays pour éveiller nos consciences..
Sur le plan politique en effet la situation est bloquée et elle ne peut s’arranger dans la mesure où le régime en place a fait de la captation de tous les rouages institutionnels et administratifs de l’Etat un objectif politique de conservation du pouvoir qui ne reflète pas la réalité politique de l’opinion nationale. C’est là un frein réel à la participation de tous à l’effort national et ce n’est pas une alternative viable pour le Gabon.
La situation économique et financière elle, est véritablement mauvaise et instable. Elle ne donne pas l’espoir d’un relèvement à court terme car, l’économie nationale est tournée essentiellement vers le remboursement d’une énorme dette dont on peine à connaître les contours de ce qu’elle a produit pour le Gabon. La gabegie, les détournements de la manne pétrolière, le siphonnage des caisses de l’état, bref, la mauvaise gouvernance en sont certainement les causes.
En faisant, sous la pression du FMI, le choix des réformes budgétaires pour corriger ces graves dysfonctionnements, le gouvernement gabonais s’est engagé sur une voie difficilement tenable, en ce qu’il n’a pas touché aux sources profondes de la mal gouvernance. D’où mon inquiétude sur le dialogue social qu’il a initié avec les partenaires sociaux qui est à mon avis mal engagé parce qu’il intervient à posteriori des décisions déjà prises, faisant courir le risque de grosses reculades en cas d’échec probable des négociations entamées. Ce dialogue dit « social » ne pourrait prospérer que si le pouvoir se résout à un devoir de vérité sur les causes profondes de la crise. C’est une obligation morale vis-à-vis des citoyens à qui il est demandé des efforts qu’ils estiment ne pas devoir faire.

Mesdames et messieurs,

Qui pourrait comprendre aujourd’hui, qu’avec une population de moins de 2 millions d’habitants et une production pétrolière, la 5ème en Afrique noire, plus de 50% de la population gabonaise vit en dessous du seuil de pauvreté avec moins de 500fcfa par jour, selon les statistiques des services des Nations Unies ? Qui pourrait comprendre par ailleurs que pour un pays à revenus intermédiaires de la tranche supérieure, le chômage lui, a dépassé le taux de 40% de la population active, c’est-à-dire que plus d’un (1) gabonais sur trois (3) est sans emploi.
Le Gabon s’enfonce ainsi, tous les jours sous nos yeux, et nous paraissons comme impuissants à lui éviter de sombrer soit, parce que l’on ne s’estime pas responsable de la situation et on blâme l’autre pour cela, soit, que l’on refuse par égoïsme, de s’en occuper pensant d’abord à soi plutôt qu’aux autres. C’est un grave tort que nous nous faisons en agissant ainsi. Notre responsabilité à tous est dès lors engagée.
A l’observation des faits qui se déroulent sous nos yeux à tous, le gouvernement ne rassure en rien les citoyens, sur sa capacité à prendre les bonnes décisions pour sortir le pays du marasme vers lequel il sombre progressivement et peut-être inéluctablement. Au contraire, il fait preuve d’une inertie coupable et sous couvert de réformes qu’il n’a même pas pris la peine de discuter avec les partenaires sociaux ou avec ceux à qui celles-ci s’adressent, ce gouvernement décide, dans une attitude unilatéraliste, de faire accepter ses mauvaises décisions.

Du côté de l’opposition, nous avons aussi notre part de responsabilité car nous peinons à avoir une attitude cohérente sur l’état de décrépitude actuelle de la nation et sur ce qui peut ou doit être envisagé pour assurer un meilleur avenir à notre pays. Nous renvoyons une image biaisée de notre rôle en rivalisant de postures concurrentielles qui n’apportent pas de réponses aux interrogations des populations désabusées et prêtes à se donner au premier venu avec quelques billets d’argent pour soulager un pénible quotidien.
Par ailleurs, nous le savons tous, la maladie de M. Ali Bongo Ondimba plonge la gestion de l’Etat dans de grandes incertitudes, celles-ci ont des répercussions sur la stabilité de nos institutions. Feindre de ne pas le reconnaître est un danger pour aujourd’hui et demain.
Mesdames et messieurs chers compatriotes,
L’ampleur de la crise est telle que nous ne pouvons nous permettre de nous opposer indéfiniment, et d’adopter des postures qui creusent chaque jour le fossé entre les Gabonais. Je pense qu’il est temps d’appeler à une pause, pour nous poser les bonnes questions sur ce que nous voulons pour notre pays.
À ceux qui n’assurent pas, comme moi, les charges du pouvoir, je voudrai humblement demander les responsabilités que nous devrons assumer, le moment venu, de voir notre pays sombrer sans rien faire, de voir des populations livrées à elles-mêmes, doutant de l’avenir et ne sachant à quel espoir s’accrocher.

Aux tenants du pouvoir, je voudrais aussi demander les responsabilités qu’ils devront assumer, en restant à penser que seuls eux, doivent gérer le pays malgré les échecs répétés, alors qu’ils observent chaque jour, la désespérance d’une jeunesse qui doute de ce que leur pays peut leur offrir en terme d’opportunités et la détresse de centaines de milliers de citoyens qui peinent à joindre les deux bouts.
Mesdames et messieurs,
Conscient de ma responsabilité de citoyen et d’homme politique, j’ai entrepris d’aller à la rencontre de nombre de compatriotes. J’ai parlé avec eux pour recueillir leur sentiment sur la situation actuelle du pays. J’ai aussi parlé avec eux pour savoir ce qu’ils pensent des voies de sortie possibles de la crise profonde dans laquelle est plongé notre nation.
Qu’il soit du camp du pouvoir ou de l’opposition, ils souhaitent très majoritairement, mais chacun à sa manière, que des pas soient faits les uns vers les autres. Pour beaucoup, dans les 2 camps, ils appellent à un renouvellement de la classe politique qu’ils accusent à tort ou à raison de n’avoir pas suffisamment tenu compte des problèmes du pays. Il y a chez un grand nombre d’entre eux de la rancœur mais il y a surtout une grande volonté de tous de préserver notre vivre ensemble et de trouver ensemble les solutions aux problèmes qui minent le Gabon.
C’est la raison pour laquelle, il me semble que c’est à notre patriotisme et à notre sens de la fraternité qu’il est fait appel pour mettre en commun nos ressources et valeurs humaines, nos idées, nos intelligences et nos expériences. Ce sont elles qui nous permettront de trouver les voies et moyens pour remettre le pays sur les rails et de solidifier ses fondements démocratiques.
À cet effet, j’invite à la mise en œuvre d’un plan d’urgence national. Celui-ci, je le pense fortement, aidera à répondre aux défis qui s’imposent à nous pour éviter de perdre pour longtemps les acquis qui ont fait la gloire du Gabon. Ce plan viserait à garantir entre autres:
o la bonne exécution du budget de l’état, notamment les dépenses sociales,
o L’amélioration de l’accès aux soins de santé et des prises en charge CNAMGS,
o L’amélioration des conditions d’apprentissage dans les écoles, lycées et universités,
o La poursuite urgente de l’aménagement et de l’entretien du réseau routier national,
o Un meilleur rendement de l’administration centrale, déconcentrée et décentralisée,
o Le règlement de la dette intérieure,
o La réduction du déficit budgétaire par l’assainissement et l’équilibre des comptes de l’état et de la sécurité sociale,
o La sécurité des biens et des personnes, etc.
Mesdames et messieurs,
Pour ce faire, il est impératif que nous trouvions UN CONSENSUS NATIONAL POUR LE GABON. Chacun doit le comprendre.
C’est à ce stade que nous devons faire preuve de solidarité avec et pour notre Cher Pays. Toutes les ressources humaines disponibles doivent être mises au service du Gabon. Notre pays regorge de compétences et de talents inexploités pour des raisons diverses.
C’est en conciliant nos différences et en osant pour notre Terre Commune, que nous trouverons les solutions aux maux qui minent son Essor. C’est ainsi que nous rendrons à notre pays le respect et la considération qu’il mérite et qu’on lui a longtemps voués.
Nous devons agir vite car, plus le temps passe, plus les positions se cristallisent, poussant chacun à s’emmurer dans des postures qui n’augure rien de bon pour personne, surtout pas, et moins encore, pour le Gabon.

Notre avenir ensemble, nous devons le créer et non subir ce que nous n’aurions pas souhaité. Les Gabonais se posent des questions pour leur avenir, chacun naturellement pour son avenir personnel. Évitons cependant de penser que notre avenir personnel ou celui de notre famille ou bien celui du clan, doive passer absolument au-dessus du reste, surtout, au-dessus du Gabon. Ce serait une monumentale erreur d’appréciation, dommageable pour tous.
Mes chers compatriotes,
Le Gabon a une histoire. Cette histoire est faite de nos différences, de nos cultures, de nos origines. Nous devons nous approprier l’histoire de notre pays, habités par une volonté harmonieuse de vivre ensemble autour de ce qui nous rassemble : , la République, notre Communauté de Destin. C’est ici que j’interpelle tous ceux qui dans les 9 provinces du Gabon sont les dépositaires de nos traditions, de nos croyances, de ce qui donne une âme à notre jeune nation, ils ne peuvent et ne doivent pas se taire et regarder la Tragédie enfler. Ils ont pour eux, leur manière de parler, ils doivent le faire, qu’ils le fassent. Rassemblons-nous maintenant, alors qu’il est encore temps !
Oui, mesdames, messieurs, permettez-moi d’insister sur le CONSENSUS NATIONAL POUR LE GABON basé sur nos valeurs culturelles du compromis ; il s’oppose à la FRACTURE NATIONALE actuelle, alimentée par le refus du dialogue et de l’autre.
N’ayons pas peur de faire la jonction ! Le « qu’en dira-t-on » n’est pas une option politique alors que le pays est en danger. Il alimente plutôt la peur qui paralyse les énergies positives.
N’ayons pas peur de dire aux autres que, « sans nous, point de salut », et « sans eux, point de salut non plus ».
Ensemble tout est possible. C’est du courage de ses enfants dont a besoin le Gabon. Ce courage ne doit pas se limiter à s’opposer pour s’opposer, à crier fort pour uniquement se faire entendre et non comprendre, ou à manifester pour ne rien obtenir. Il est bon d’en avoir aussi, pour voir la réalité en face, et ne pas avoir peur de parler avec son adversaire dans l’intérêt supérieur du pays, ou simplement pour reconnaître ses limites et ses faiblesses.
Oui mesdames messieurs, dans un élan d’humilité, acceptons de reconnaître et d’être pardonné de nos erreurs du passé pour mieux construire l’avenir. Demandons pardon à la terre et au sang du Gabon pour ce qui leur a été fait car, ils réclament justice.
Enfin je demande solennellement ce jour, à tous les Compatriotes, qu’il soit du Centre, de l’Est, de l’Ouest, du Nord ou du Sud, chacun dans sa culture et ses croyances chrétiennes ou musulmanes, bwiti, mwiri, ndjobi, ndjembè, etc. de consulter et de prier Dieu et nos ancêtres, pour que nous trouvions le consensus dont nous avons besoin pour notre bien commun. Faites-le, faisons-le, pour le Gabon et pour la sauvegarde des générations à venir !

J’ai dit, Je vous remercie.
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