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Mise sous bons de caisse au Gabon : Ali Akbar Onanga Y’Obeghe fait le point
Publié le dimanche 29 juillet 2018  |  infosgabon.com
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© Gabon Review par DR
Le ministre de la Fonction publique Ali Akbar Onanga Y’obeghe, le 12 juillet 2018
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Le bilan d’étape dressé par le ministre de la Fonction publique après le lancement de cette opération à Libreville fait état d’une phase réussie malgré quelques dysfonctionnements qui seront vite rattrapés.

La première phase de l’opération de mise sous bon de caisse des agents publics en poste dans la province de l’Estuaire est rentrée en gare le 24 juillet dernier. Entamée le 17 juillet à Libreville, elle a permis sous la supervision des ministres de la Fonction publique et du Budget, de procéder au contrôle effectif de la présence des agents de l’Etat à leur poste de travail.

Le but étant d’assainir le fichier de la Fonction publique et de déceler les cas de perceptions indues de rémunération; d’identifier les agents absents pour raison de maladies de longue durée en vue de l’application à leur égard des dispositions légales en la matière; de préparer les audits des fichiers fonction publique et solde.

Pour le gouvernement, sur très hautes directives du président Ali Bongo Ondimba, le but visé étant de ramener la masse salariale mensuelle de près de 60 milliards de francs CFA actuellement à 40 milliards de francs en 2018. Afin d’atteindre un objectif global d’économie de 70 milliards de francs CFA d’ici la fin de l’année, et à terme de ramener la masse salariale d’ici trois ans à environ 400 milliards de francs CFA par an et de la stabiliser définitivement.

Une opération réussie

Dans un bilan détaillé, le ministre de la Fonction publique a fait savoir que l’opération dans sa partie «Front office» a contribué à mobiliser huit sites; 29 équipes; l’ensemble des secrétaires généraux des ministères; l’ensemble des directeurs centraux des ressources humaines et leurs adjoints. Précisant que des ajustements ont été opérés sur les sites où il a été constaté une trop grande affluence.

«Globalement, l’opération s’est donc bien déroulée. Dès aujourd’hui, les agents publics qui ont satisfaits aux conditions de retraits des bons de caisse ont commencé comme à l’accoutumée à percevoir leurs rémunérations du mois pour ceux qui sont payés habituellement par bons de caisse et ceux domiciliés dans les banques. En même temps, les services techniques des ministères de la Fonction publique et du Budget vont se mettre à pied d’œuvre pour commencer l’analyse des données recueillies sur le terrain en termes de traitement au cas par cas des situations administratives et financières», a souligné Ali Akbar Onanga Y’Obeghe.

Mais, il tient à mentionner que des bureaux de réclamations sont ouverts sur le site de la Fonction publique jusqu’au 28 juillet 2018. Pour son bon déroulement, cette opération a bénéficié de l’assistance des personnels des Forces de défense et de sécurité, précisément des unités de la Gendarmerie nationale et de la Police.

42 120 bons de caisses distribués malgré quelques difficultés

A l’heure du bilan, 42 120 bons de caisse ont été répartis aux agents publics de l’État en poste dans la province de l’Estuaire, à l’exception des personnels civils des ministères de la Défense et de l’Intérieur. Ajoutées à ces personnes, les 6100 agents de la MONP en poste dans la province de l’Estuaire dont la rémunération est payée après le 25 du mois et qui fera l’objet du même mode opératoire pour le mois d’août.

Le gouvernement relève que cette opération a permis d’identifier un certain nombre de problèmes récurrents. Le ministre de la Fonction publique cite pèle-mêle les erreurs d’attribution de la bonification indiciaire à certains personnels qui en bénéficiaient alors qu’ils n’exerçaient plus les emplois des corps relevant de leurs spécialités; les erreurs sur le code d’affectation, etc…

«De mon point de vue, les résultats obtenus, que je viens de vous livrer, sous toutes réserves, ne sont pas ceux auxquels nous devions nous attendre à ce stade de l’opération et au regard des renseignements que nous détenions déjà sur un certain nombre de compatriotes qui émargent au budget de l’Etat au titre de la Fonction publique. Ces résultats sont manifestement biaisés et démontrent sans aucun doute, les comportements blâmables, la complicité, si ce n’est le manque de professionnalisme avéré d’un certain nombre de responsables administratifs qui étaient dans la chaîne de délivrance des documents servant à faire la preuve de la présence de l’agent public à son poste, à savoir les responsables hiérarchiques, les directeurs centraux des ressources humaines ainsi que les secrétaires généraux des ministères», déplore-t-il.

De l’aveu même d’Ali Akbar Onanga Y’Obeghe, «ces résultats, quoique provisoires, ne reflètent pas la réalité de la présence effective des agents publics à leur poste de travail. Ceci est d’autant plus évident qu’il nous est signalé ces derniers temps, un taux de remplissage des vols en provenance de l’étranger anormalement élevé pour une telle période. Toutes choses qui nous permet légitimement de supposer que bon nombre d’agents publics ayant abandonné leurs postes de travail depuis longtemps, et qui étaient donc visés par cette opération, sont venus en masse se faire recenser de manière frauduleuse et ont obtenu tout aussi frauduleusement auprès des autorités administratives responsables et avec leur complicité indéniable, les documents exigés pour faire la preuve de la présence régulière au poste, faussant ainsi très gravement les résultats de cette opération».

Des comportements que le membre du gouvernement tient à dénoncer avec la dernière énergie avec à l’index «certains responsables administratifs chargés de délivrer les documents exigés pour faire la preuve de la présence effective et régulière au poste qui se sont rendus coupables» de comportements répréhensibles. Il fustige ainsi une légèreté blâmable dans l’accomplissement de leurs obligations professionnelles; une complaisance dans l’exécution de cette mission; une compromission inacceptable et contraire à la déontologie et à l’éthique professionnelle. «En tout état de cause, ils se sont rendus coupables de forfaiture incompatible avec l’exercice de leurs fonctions.»

Des sanctions en vue

Suite à ces comportements qui mettent à mal l’objectif recherché et sape les chances de réussite de cette opération si cher au gouvernement en vue de la maîtrise de la masse salariale, le ministre de la Fonction publique a annoncé des sanctions.

«Je tiens à dire que tous ces manquements ne peuvent demeurer impunis, c’est pourquoi je vous annonce que nous allons donner des suites administratives, pécuniaires et judiciaires à tous ces actes hautement blâmables et condamnables. Nous allons mettre en service un numéro vert gratuit permettant à toute personne qui en a la preuve, de nous signaler les cas de personnes percevant la rémunération de l’Etat sans y avoir droit. Nous comptons sur le patriotisme de tous et de chacun afin de mettre un terme à ce phénomène malsain qui compromet gravement l’avenir de nos enfants ainsi que la qualité et l’efficacité de notre service public», a-t-il déclaré.

«Je tiens à annoncer que compte tenu des doutes évidents, et c’est le moins que je puisse en dire, qui pèsent sur la réalité des résultats obtenus au cours de cette opération ponctuelle, que le ministère de la Fonction publique, dans sa mission de gestion des ressources humaines de l’Etat va mettre en place à compter de ce mois d’août, le contrôle effectif, régulier et quotidien de la présence physique des agents publics à leur poste par le biais de l’émargement des listes de présence dans tous les services publics. Cet émargement quotidien vise à confirmer ou infirmer les résultats obtenus au cours de cette opération entachée de suspicion», a relevé Ali Akbar Onanga Y’Obeghe.

Dans la pratique, il s’agira sur la base des listings mis à jour au cours de cette opération pour les directeurs centraux des ressources humaines, de faire tenir des listes de présence dans chaque service public de chaque ministère relevant de leur juridiction sur lesquelles chaque agent public sera tenu d’émarger chaque jour.

«Ces listes seront retournées à la fin de la semaine aux services centraux du ministère de la Fonction publique qui procèderont à leur centralisation mensuelle en vue de les confronter avec les attestations spéciales de présence et vérifier ainsi la véracité ou non des déclarations issues de cette opération», précise-t-il. Le but étant, selon lui, d’aboutir par cette confrontation des données à la vérification de la présence réelle, effective et physique de chaque agent public en vue de l’assainissement définitif des fichiers fonction publique et solde.
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