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Importations de produits alimentaires : comment le Gabon dépense près de 300 milliards chaque année
Publié le mardi 14 fevrier 2017  |  Gabon Economie
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© Autre presse
Une cliente faisant ses courses dans un supermarché
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Inventaire des produits qui alourdissent les dépenses effectuées chaque année à l’extérieur pour nourrir la population.

On en parle de plus en plus. Le Gabon, pour nourrir sa population, dépense beaucoup d’argent. Les chiffres les plus récents sur le commerce extérieur du pays montrent qu’au moins 300 milliards FCFA ont été dépensés en moyenne chaque année, au cours de la dernière décennie, pour importer les produits alimentaires.

En 2015, selon les services de la douane gabonaise, les importations de produits alimentaires se sont élevées à 364 milliards FCFA. En hausse de 8% par rapport à l’année d’avant au cours de laquelle on a enregistré des importations de nourriture pour un peu plus de 334 milliards FCFA. Elles ont ainsi représenté 18% de toutes les importations du pays tout en se positionnant comme le 2e poste d’importation, derrière les achats d’outillages, machines, appareils mécaniques et électriques (27% du total).

Les autorités publiques tirent continuellement sur la sonnette d’alarme, estimant que c’est trop dépenser pour nourrir une population de 1,8 million d’habitants. D’autant que le potentiel gabonais en matière agropastorale est important et peut être exploité pour sortir de cette situation de dépendance alimentaire. Mais, pour y parvenir, les programmes actuellement mis en place devraient tenir compte de la structure des importations alimentaires, afin de cibler de manière efficace les espèces végétales et animales sur lesquelles accentuer les efforts.

107 milliards Fcfa pour les viandes

Cette structure montre que les dépenses réservées pour les viandes animales représentent plus du tiers, soit un peu plus de 107 milliards FCFA en 2015. Tout cet argent a permis d’acheter 122,5 millions de tonnes de viandes animales. Selon les statistiques des services de la douane, le Gabon a importé au cours de l’année de référence 24,2 millions de tonnes de découpes de viande de bœuf et plus de 10 millions de tonnes de viande porcine.

Le poulet est la viande la plus importée avec 87,7 millions de tonnes de découpes venues de l’extérieur. Pour compléter le tableau, il faut noter que les viandes ovines et caprines ont été importées pour 270 tonnes. Il faut ajouter à cela des dizaines de millions de tonnes d’œufs et d’autres produits transformés.

La plupart de ces produits animaliers viennent d’Europe (France et Belgique notamment), d’Asie et d’Amérique latine. Pour les produits végé- taux, le Gabon se tourne beaucoup plus vers ses voisins pour se nourrir. Sur ce plan, le Cameroun représente l’une de ses principales sources d’approvisionnement. Le Gabon absorbe 64% des exportations du Cameroun sur sa frontière au sud, devant la Guinée équatoriale (34%) et le Congo (4%). Les produits alimentaires concernés sont nombreux.

600 000 tonnes de banane-plantain du Cameroun

Un recoupement des données montre qu’environ 30% de la banane-plantain produite au Cameroun est écoulée sur le marché gabonais. Ce qui représente à peu près 600 000 tonnes de banane-plantain en provenance chaque année de ce pays voisin. Il faut également compter les légumes et les tubercules, principalement les pommes de terre et la tomate qui représentent un peu plus de 11% de toutes les exportations.

D’autres quantités importantes de nourriture viennent du Congo. C’est par exemple le cas du manioc et d’autres tubercules très prisés par les populations gabonaises. S’il n’est toujours pas évident d’avoir des statistiques très fiables sur les quantités, il n’en demeure pas moins qu’elles sont importantes. Si elle est alarmante, la situation n’est cependant pas dramatique. Dans la mesure où des actions sont mises en œuvre pour enfin doter le Gabon d’un secteur agro-pastoral fort.

La production locale est pour l’instant marginale. Pour certaines spéculations (en dehors de l’huile de palme), on ne peut même pas encore penser à l’exportation, et encore moins à la transformation locale. La production agropastorale sur le sol gabonais est très faible, et représente moins de 20% de tout ce qui est consommé par les populations. L’enjeu majeur est donc d’augmenter de manière substantielle cette production nationale, seule garantie pour le pays de penser à une possible souveraineté alimentaire.
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