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Brice Laccruche Alihanga : "La nouvelle génération de Gabonais veut agir"
Publié le jeudi 4 aout 2016   |  Le Point Afrique




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Le fondateur de l'Association des jeunes émergents volontaires en est convaincu : quelle que soit l'issue du vote, plus rien ne peut et ne doit se faire sans la jeunesse.

À trois semaines de l'élection présidentielle qui se tiendra le 27 août, quelques candidats s'empressent (enfin) de présenter leurs projets de société. Plus ou moins audibles sur les différents programmes qu'ils souhaitent réaliser s'ils sont élus, électricité pour tous, santé pour tous, ou encore l'émergence... Mais un sujet semble néanmoins leur échapper : la jeunesse. Très peu de prétendants au fauteuil présidentiel osent s'adresser directement aux jeunes, alors que ceux-ci représentent plus de 60 % de la population. Il faut dire que la tendance générale veut que les présidentiables gabonais soient d'anciens caciques du pouvoir de feu Oma Bongo et dont l'âge moyen se situe à plus de 60 ans. La campagne ne commence que le 13 août, mais chacun semble prendre conscience qu'au vu du nombre de jeunes, ce n'est pas seulement le scrutin qui pourrait être bousculé, mais le pays entier, si cette nouvelle génération de Gabonais n'était pas satisfaite. Chez les jeunes, c'est dans les médias et notamment sur les réseaux sociaux que se manifeste leur intérêt pour la future élection et l'avenir du pays. Mais au-delà de les convaincre de voter pour un camp ou l'autre, encore faut-il connaître leurs besoins. Brice Laccruche Alihanga, fondateur et président de l'Association des jeunes émergents volontaires (AJEV), s'est justement penché sur la question dans un premier essai sans concession paru début juillet et intitulé L'or jeune : plaidoyer pour la jeunesse gabonaise. Il s'est confié au Point Afrique.

Le Point Afrique : Vous êtes le fondateur au Gabon de l'Association des jeunes émergents volontaires (AJEV), une association très active sur le terrain. Dans quels buts l'avez-vous créée ?

Brice Laccruche Alihanga : la création de la plateforme AJEV poursuit un triple objectif. D'abord celui de reconnaître et de faire reconnaître les compétences des jeunes Gabonaises et Gabonais en braquant les projecteurs sur les plus méritants. Ensuite, nous souhaitons réintégrer les jeunes dans la vie de la cité, en créant plus largement une nouvelle génération de Gabonais, mieux formés, plus impliqués, plus autonomes. Enfin, nous avons l'ambition de favoriser le développement du leadership chez les jeunes pour qu'ils soient capables eux-mêmes de faire émerger en leur sein des leaders positifs pour le Gabon et l'Afrique.

La jeunesse est à la base de votre association. Quels sont, selon vous, les maux qui la touchent particulièrement et auxquels vous entendez remédier ?

La jeunesse gabonaise souffre d'un manque de perspectives d'avenir. Malgré le fait que l'économie gabonaise a réussi à se maintenir à un bon niveau avec une croissance moyenne annuelle de 5 %, c'est-à-dire au-dessus de la moyenne régionale, le chômage et particulièrement celui des jeunes continue de progresser et de se situer à un niveau inquiétant. Pour les moins de 30 ans, le taux de chômage est aux alentours de 25 %. Un certain nombre de programmes et d'initiatives publiques et privées ont été annoncés pour endiguer ce fléau du chômage. Cependant, il est essentiel de comprendre qu'une des pistes est la poursuite de l'amélioration significative de la qualité du système éducatif et de formation professionnelle dans un premier temps. Ensuite, il s'agit de préparer les jeunes aux métiers de demain qui sont autant d'opportunités d'épanouissement professionnel.

En raison des mutations sociales, de l'hyperurbanisation rampante, de l'affaiblissement de la structure familiale et de la perte de repères qui en est le principal corollaire, les jeunes, plus isolés, moins encadrés, moins intégrés dans la vie socio-économique, se retrouvent marginalisés. Ils sont devenus au fil du temps plus vulnérables et plus sujets aux comportements déviants. Nous entendons par notre action replacer les jeunes au centre des attentions et donc inciter à une meilleure prise en compte de leurs aspirations pour leur proposer un avenir et des perspectives en les redynamisant, en les responsabilisant et en les rendant plus autonomes. Nous pensons que le changement positif viendra d'eux-mêmes et qu'ils doivent se prendre en main dès à présent sans attendre quelqu'un.

L'égalité des chances est l'un des thèmes les plus abordés à l'occasion de cette pré-campagne électorale gabonaise (l'élection présidentielle aura lieu le 27 août prochain). Elle est aussi au cœur de vos préoccupations. Pourquoi en avoir fait une priorité ?

Offrir les mêmes opportunités à tous sans distinction et sans discrimination basée sur l'ethnie, la position sociale, la province d'où l'on vient, son sexe ou son âge nous est apparu comme une ambition légitime, fédératrice et surtout moderne. Le thème de l'égalité des chances a été présenté comme un axe fort par un candidat à l'élection présidentielle et, en cela, c'est déjà un événement au Gabon. Au sein de l'AJEV, nous nous sommes reconnus dans ce combat pour l'égalité des chances, car il rejoint les aspirations de nos membres et plus largement celles des jeunes femmes et jeunes hommes qui nous rejoignent. Ils ne veulent plus être laissés sur le bas-côté de la route parce qu'ils ne font pas partie du bon groupe ou de la bonne province. Nous prônons la méritocratie qui constitue pour nous le pendant opérationnel de l'égalité des chances. Les responsabilités doivent être proposées aux plus méritants, aux plus travailleurs et aux plus volontaires si nous voulons que notre pays atteigne le développement et l'émergence de manière pragmatique.

La question de l'emploi est cruciale pour la jeunesse gabonaise, comme partout ailleurs en Afrique. Comment faire pour réduire le taux de chômage chez les jeunes au Gabon, mais aussi pour favoriser l'entrepreneuriat ?

De manière concrète, nous pensons qu'il est important dans un premier temps d'investir à la fois quantitativement et qualitativement dans notre système éducatif pour réduire le taux de déperdition scolaire et améliorer le niveau de base des jeunes. Deuxième étape, il faut rapidement inventorier les secteurs « en tension », c'est-à-dire ceux ou la demande de main-d'œuvre est forte, et revisiter pour les réformer les filières de formation correspondantes pour améliorer l'adéquation formation emploi. Troisièmement, promouvoir et former dans les secteurs d'avenir comme l'agriculture, l'industrie du bois et les nouvelles technologies de l'information pour que la croissance de demain soit une croissance durable forte en emplois nationaux. Enfin, pousser à la création de champions locaux en accompagnant l'auto-emploi grâce à une allocation d'autoentrepreneur et en intégrant un cursus sur la création d'entreprises dès la classe de terminale dans les lycées nationaux.

Quel que soit le président élu en août prochain, quelles sont vos attentes en termes de grandes réformes à mener lors du prochain septennat ?

Les priorités et les attentes seront nombreuses. Nous pouvons en identifier quelques-unes : consacrer au minimum 20 % du budget national à l'éducation nationale pour enrayer la spirale de la baisse de qualité de l'enseignement et de l'échec scolaire. Il faudrait aussi mettre en place un plan Marshall de la jeunesse qui permette l'autonomisation réelle des jeunes avec la mise en place d'un revenu minimum jeune pour les 16-30 ans.
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