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Présidentielle 2016 : Que se conspire-t-il donc au Delta Postal ?
Publié le mardi 5 juillet 2016   |  Gabon Review




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Après le déménagement des services du ministère de l’Intérieur au Delta Postal, c’était au tour, vendredi et samedi derniers, du Commandement en chef des Forces de Police nationale de s’installer dans le même immeuble. En attendant la coordination des états-majors des forces de défense et de sécurité et, à la cité de la Démocratie, de la Commission électorale nationale autonome et permanente (Cenap)…

Que prépare-t-on ? Que vise donc ce rassemblement au Delta Postal des institutions chargées d’organiser les élections ? Nombreux se demandent si le passage en force n’est pas en train de se mettre en place ? L’opinion a des raisons de s’interroger sur ce remue-ménage. C’est en effet la première fois, dans un pays qui organise des élections multipartites depuis 1990, que le ministère de l’Intérieur qui détient le fichier électoral et la cartographie démographique, la Commission électorale qui désigne les responsables chargés de suivre le déroulement du vote, et les forces de police chargées de la protection des personnes et des biens se retrouvent en un même lieu. Un peu curieux tout de même !

Toutes les «institutions électorales» en un seul lieu : du jamais vu !

Pourtant, ces différentes institutions disposent de sièges plutôt confortables. À l’avenue de Cointet, le ministère de l’Intérieur a des bâtiments tout à fait corrects et fonctionnels. En face du cinéma Le Komo, le Commandement en chef des Forces de Police nationale a un grand immeuble de cinq étages et des bâtiments annexes. Quant à la Cenap, elle dispose d’un beau siège dans le quartier des Hauts de Gué-Gué, précisément au lieu dit Kalikack. Que se passe-t-il donc pour qu’on amène toutes ces institutions chargées des élections, à l’exception de la Cour Constitutionnelle, à aménager au même endroit ? On apprend également de sources généralement bien informées qu’une coordination des états-majors des forces de défense et de sécurité pourrait y être installée dès la fin de cette semaine.

À mettre dans la même escarcelle, le discours du chef de l’Etat devant le Parlement réuni en Congrès le 28 juin dernier dans lequel il affirme reconnaître qu’un dialogue politique est nécessaire, mais «après les élections», comme s’il savait à l’avance qu’il sera réélu. Pour leur part, le porte-parole du gouvernement et d’autres partisans du président Ali Bongo Ondimba ne donnent pas l’impression, à travers leurs déclarations, que c’est à une élection démocratique que l’on doit s’attendre dans une cinquantaine de jours. Qu’est-ce qui peut donc permettre une telle assurance si ce n’est une volonté de tripatouiller les résultats des urnes, une volonté de passer en force, une volonté de plier l’élection avant la date ? Dans l’opinion, il y a des doutes, de la suspicion, des appréhensions.

«Ils ont décidé d’opérer un passage en force», «le Delta Postal, haut-lieu de la fabrique des résultats»

Les tenants du pouvoir auraient été mieux inspirés de ne pas susciter de la suspicion, de ne pas créer le doute, de ne pas permettre des appréhensions. Toutes choses qui peuvent mener à un embrasement. En tout cas, après toutes ces «mesures de précaution» prises par le pouvoir, quelles seront les autres décisions ? La suspension des communications téléphoniques pendant le scrutin ? La suspension des réseaux sociaux pour «voter» à huis clos ? «Tout ça ne sent pas bon», affirme un ancien secrétaire général du Parti démocratique gabonais. «C’est trop visible, ils ont décidé de passer en force», souligne le politologue franco-gabonais, Hervé Grupaune. Cette stratégie se manifeste aussi, semble-t-il, par la toute récente nomination de personnes réputées proches du pouvoir à la tête des commissions électorales provinciales, départementales, communales et consulaires, ainsi que par la désignation de certains magistrats à la tête des tribunaux et des cours d’appel. «Le jeu ne sera donc pas démocratique», semble regretter un enseignant de l’Université Omar-Bongo (UOB) de Libreville, qui croyait que «tout serait mis en place pour un scrutin démocratique». Il conclut en le dénonçant : «le Delta Postal sera donc le haut-lieu de la fabrique des résultats».

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