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Présidentielle 2016 : Nzouba-Ndama invite Ali Bongo à respecter son serment
Publié le jeudi 14 avril 2016   |  Gabon Review


Guy
© Autre presse par DR
Guy Nzouba-Ndama, ancien président de l’Assemblée nationale


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Sur Radio France internationale (RFI), l’ancien président de l’Assemblée nationale estimé que le débat sur les origines du président de la République ne l’intéresse pas, lui demandant tout de même d’en tirer les conséquences, conformément à ses propres aveux et à la Constitution. Ci-après, l’intégralité de l’interview.

Christophe Boisbouvier : Vous dites que le Gabon est pris dans «un syndrome de Lubitz» du nom de ce jeune pilote allemand qui s’est suicidé il y a un an avec 149 passagers à bord de son avion. Vous n’y allez pas un peu fort ?

Guy Nzouba Ndama : Non, pas du tout ! Je ne vais pas trop fort parce que, le président, je suis ahuri par son excès d’optimisme. Il n’est pas conscient que le pays va à vau-l’eau, que le pays est en cessation de paiement. C’est suicidaire. Il n’y a que lui et son petit groupe d’amis qui croient encore à quelque chose.

Ce petit groupe d’amis que vous dénoncez dans votre annonce de candidature, qui visez-vous en particulier ?

Je vise tous ses collaborateurs qui disent partout que le pays se porte bien, alors que le pays est bloqué. Regardez toutes ces grèves dans tous les secteurs ! Les administrations ne fonctionnent pas, les écoles ne fonctionnent pas !

Et quand l’opposant Jean Ping parle des conseillers à la présidence, qui sont d’origine étrangère, en dénonçant «un groupe d’apatrides mafieux». Vous êtes d’accord avec lui ?

Ecoutez, chacun de nous a sa façon d’utiliser ce terme. Il n’y a pas que ces apatrides auxquels il fait allusion. Il y a des Gabonais qui participent à ce massacre collectif, des Gabonais de souche, je dirais.

En 2009 vous avez joué un rôle décisif dans le choix du parti au pouvoir, le PDG, en faveur du candidat Ali Bongo contre le candidat André Mba Obame (il s’agissait en réalité de Casimir Oyé Mba et Jean Eyéghé Ndong, ndlr). Est-ce que vous le regrettez aujourd’hui ?

Ben, si je ne le regrettais pas je ne l’aurais pas quitté aujourd’hui.

Alors, pourquoi avez-vous fait ce choix à l’époque ?

A l’époque, après avoir discuté avec M. Ali Bongo, j’avais été séduit par son discours. Je considérais que, étant jeune, il avait à peine 50 ans, il pouvait combler les déficits constatés durant la gestion de son père…

Et sept ans plus tard ?

Sept ans plus tard, c’est le désenchantement, parce que tout ce que nous avions promis à l’époque : les routes bitumées qui relieraient toutes les capitales provinciales du Gabon, les dispensaires qui seraient équipés en médicaments, aujourd’hui il n’y a pas un seul dispensaire qui reçoit les médicaments de l’Etat, l’école est complètement dévaluée, parce que les enseignants sont constamment en grève.

Oui, mais vous avez attendu sept ans pour changer d’avis. Est-ce que vous n’êtes pas un opposant de la dernière heure ? Est-ce que vous ne manquez pas de crédibilité ?

Non, pas du tout ! Je ne suis pas opposant de la dernière heure. J’ai commencé par des mises en garde, et le président Ali Bongo lui-même le sait. Avec d’autres, nous ne manquions pas une occasion, au cours d’audiences privées, de lui faire part qu’il fallait tout faire pour revenir à une gestion beaucoup plus orthodoxe de l’Etat.

Au-lendemain de votre démission, le 1er avril, neuf autres députés PDG ont démissionné. Est-ce qu’ils sont derrière vous aujourd’hui ?

Ces députés oui, puisque le jour de ma déclaration de candidature ils étaient tous là, au grand complet.

Est-ce que vous allez former un parti avec eux ?

Non, non. Je vais en candidat indépendant. Je m’adresse directement aux Gabonais.

En août prochain, il n’y aura qu’un seul tour, et il y a déjà beaucoup de candidats. Outre Ali Bongo, on parle évidemment de Jean Ping, de Casimir Oyé Mba, de Zacharie Myboto, de Raymond Ndong Sima, de Pierre Claver Manganga Moussavou, de Jean de Dieu Moukagni-Iwangou et de vous-même. Est-ce que vos divisions ne vont pas faire le jeu du sortant ?

Je ne pense pas qu’il y aura tout ce beau monde. Les divisions ne peuvent pas (le) servir, parce que si aujourd’hui le candidat Ali Bongo gagne, ça ne peut être que par une fraude généralisée. Mais nous savons ce qui se trame et nous prendrons toutes les dispositions pour l’empêcher de tricher.

Est-ce qu’il a gagné à la régulière ou par la fraude en août 2009 ?

Ça c’est peut-être une colle que vous me posez : j’étais avec Ali, j’ai toujours dit que le soir du 31 août, nous étions restés jusqu’à 2 heures et demie, 3 heures du matin, et quand nous séparions, les chiffres que nous avions en notre possession donnaient au candidat Ali 41% des voix. Bon, si maintenant nos correspondants à l’intérieur nous ont donné des faux chiffres qui nous ont permis d’arriver à ces 41%, dans ces conditions, on dira qu’ils ont triché. Mais à mon humble avis, la victoire de 2009 n’était pas une victoire volée.

Il y a une polémique sur l’acte de naissance d’Ali Bongo. Ses détracteurs l’accusent d’avoir menti sur ses origines. Qu’est-ce que vous en pensez ?

Moi, j’estime que le président Ali Bongo Ondimba, lui-même ayant reconnu que l’acte de naissance qu’il a présenté en 2009 était un faux, en sa qualité de premier magistrat du Gabon, il aurait dû tirer les conséquences qui s’imposaient…

C’est-à-dire ?

Ben, c’est de comprendre qu’on a trompé son peuple, et en ce moment-là, on dit : «Messieurs, j’ai été indigne.» Il a prêté serment sur la Constitution.

Mais selon vous, Ali Bongo est-il le fils d’Omar Bongo ou pas ?

Ecoutez, je ne vais pas entrer dans les problèmes de famille. Quand j’entrais au gouvernement, quand j’ai commencé à travailler en 1975, j’ai vu le jeune Ali aux côtés de son père. J’ai vu des photos. Je ne peux pas savoir s’il est le fils biologique ou le fils adoptif. Franchement, c’est un débat qui ne m’intéresse pas.

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