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Le général Ella Ekogha tire sa révérence
Publié le lundi 23 novembre 2015   |  Gabon Review


Jean-Claude
© Autre presse par DR
Jean-Claude Ella Ekogha, chef d’état-major général des Forces armées gabonaises.


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Evacué, fin mai 2014, à Paris pour des soins de santé avant de reprendre du service, le 22 septembre de la même année, au ministère de la Défense nationale, le général Jean-Claude Ella Ekogha est décédé ce dimanche 22 novembre, en fin d’après-midi, au Centre Hospitalier Universitaire (CHU) d’Angondjé (Nord de Libreville).

Ella Ekogha avait déjà été donné pour mort en mai 2014 sur les réseaux sociaux et autres cercles de commérage gabonais. Il n’est plus question de rumeur cette fois-ci. Selon des sources concordantes, il souffrait depuis bientôt deux ans d’une maladie du foi et des reins. Reparti en soins de santé ces derniers temps en France, son pronostic vital était engagé et résolument pessimiste. Il a courageusement opté pour un retour en vue de rendre l’âme dans son pays natal. Un avion a donc récemment été affrété par les plus hautes autorités en vue de le ramener au Gabon.

Ancien chef d’état-major général des Forces armées gabonaises (FAG), le général Jean-Claude Ella Ekogha était, ces derniers temps, Conseiller du président de la République pour les affaires de défense, son état de santé ces dernières années ne lui permettant plus de superviser l’état-major des forces de défense.

Né à Oyem, chef-lieu de la province du Woleu-Ntem (Nord Gabon), en 1954, le général de division Jean-Claude Ella Ekogha avait été promu, le 29 novembre 2008, au poste de chef d’état-major général des FAG, devenant ainsi le premier Fang à occuper ce poste stratégique sous le régime du président Omar Bongo. La légende veut que l’homme ait obtenu cette promotion qui l’amenait à succéder à Jean Ntori Longho, un «parent» Téké d’Omar Bongo, grâce aux bons offices d’André Mba Obame, alors ministre de l’Intérieur et «binôme» du ministre de la Défense d’alors, Ali Bongo Ondimba.

Formé à Saint-Cyr en France, il a été commandant de la Force multinationale de la CEMAC en République centrafricaine (FOMUC) de décembre 2003 à septembre 2004. Il sera par après chef d’état-major de l’armée de terre, puis servira Ali Bongo, alors ministre de la Défense, comme chef de cabinet militaire.

Pour une grande frange de la population gabonaise, Jean-Claude Ella Ekogha restera «l’un des piliers du coup d’état électoral de 2009 permettant à Ali Bongo de devenir illégalement président du Gabon». De nombreux militants et acteurs de l’opposition soutiennent qu’il était à la manœuvre lorsque, le 4 septembre 2009 au matin, les Bérets rouges – les parachutistes -, avaient violement dispersé les deux milliers de manifestants qui soutenaient Pierre Mamboundou, Pierre André Kombila, Louis Gaston Mayila, André Mba Obame, Bruno Ben Moubamba, Zacharie Myboto, Claudine Assayi Ayo qui effectuaient un sit-in devant le portail fermé de la Cité de la Démocratie où se déroulait la centralisation des résultats des élections de la présidentielle anticipée de cette année-là. Pierre Mamboundou qui soutenait avoir «appris une tentative de falsification des procès verbaux au niveau de la Cenap», avait été blessé au cours de cette violente répression.

Selon La Lettre du continent, le célèbre média confidentiel, ce militaire de belle l’allure et plutôt belle gueule, avait été «conseiller militaire officieux au début des années 90 du père Paul Mba Abessole, alors virulent opposant du président Omar Bongo. Ella Ekogha avait, comme son ancien mentor, rejoint le camp présidentiel, après avoir dénoncé des complots qui se tramaient contre le régime.» Son aventure humaine aura duré 61 ans.

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