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A la 6è année du mandat en cours : Ernest Mpouho Epigat ne nie pas les difficultés
Publié le mercredi 11 novembre 2015   |  Gabon Review


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© Autre presse par DR
A la 6è année du mandat en cours : Ernest Mpouho Epigat ne nie pas les difficultés


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De l’incapacité de l’Etat à ressusciter la compagnie aérienne nationale au laxisme quant à la lutte contre les fraudes et autres passe-droits, le gouvernement semble avoir perdu la main depuis longtemps dans la gestion du secteur des transports. Le 10 novembre courant, sur la matinale de Radio Gabon, le ministre des Transports a tenté de rassurer.

Depuis quelques temps, les populations de Libreville se plaignent de la hausse du prix du transport suburbain, avec le saucissonnage des trajets. Que fait votre département pour réguler ce phénomène, ou ces prix sont-ils désormais officiels ?

Nous savons bien qu’il y a ce qui est fait de manière officiel et qu’il y la liberté que les uns et les autres prennent officieusement, en l’occurrence les taximen. C’est vrai qu’il y a des problèmes dans ce secteur, parce que chacun a la mauvaise manie de fixer son prix en fonction des trajets. Pour régler ce saucissonnage, il faut qu’on prenne le problème à bras-le-corps et qu’on mette en place une réglementation claire, pour que les uns et les autres soient fixés. Ce n’est ni un travail ni une initiative faciles, mais nous devons le faire, d’autant que nous ne pouvons pas permettre que chacun agisse à sa guise. Nous sommes là pour mettre en place des textes de loi que tout le monde sera tenu de respecter. Nous ne sommes pas sourds aux cris de nos compatriotes quant à cette difficulté, et croyez-moi, nous sommes en train de réfléchir sur cette question. Nous avons reçu des instructions, aussi bien au sujet des taxis que sur d’autres services. Nous soumettrons rapidement des propositions au gouvernement.

La même variation des prix est également enregistrée dans le transport aérien où les tarifs des vols nationaux varient selon les agences. Une loi permet-elle de justifier les écarts observés ?

N’oubliez pas que nous sommes dans une économie libérale. Il est vrai qu’il y a des lois, de même qu’il est vrai que la tarification varie selon les compagnies aériennes. Mais en prenant en charge ce ministère, nous initions en ce moment un tour du propriétaire, en organisant des réunions avec les différents secteurs. Nous avons déjà abordé cette question avec les intéressés. Dans ce genre de domaine, vous le savez, il faut discuter avec les acteurs pour trouver ensemble la bonne formule, sans que cela s’apparente à une imposition. Si on ne parvient pas à des solutions, force restera à la loi, et nous saurons quoi faire pour que ces compagnies n’établissent plus les tarifications au gré de leurs humeurs, parce que, in fine, ce sont les concitoyens qui sont touchés par ces procédés pas très corrects. Mais il faut dire que ce sont des secteurs sensibles, qui transportent beaucoup de personnes. Nous avons donc intérêt à regarder ça de très près, de mettre en place un cadre juridique qui satisfera toutes les parties.

La Coupe d’Afrique des nations de football (Can) organisée par le Gabon est prévue pour 2017. Quid des aéroports d’Oyem, Port-Gentil, Franceville et Libreville ?

S’agissant de ces aéroports, il y a un important programme de réhabilitation. Si au niveau de Libreville, il n’y a pas de problème, en raison du programme d’extension d’ADL (Aéroport de Libreville, ndlr), à Port-Gentil, l’aéroport est en travaux. Dans le chronogramme arrêté, cet aéroport devrait être livré au mois de mars 2016. Mais avec l’apparition de quelques difficultés, il y aura un léger décalage. Nous avons bon espoir qu’il soit fonctionnel avant juin 2016, d’autant que les travaux avancent dans le sens souhaité. S’agissant de l’aéroport d’Oyem, vous vous souviendrez que nos aéroports de l’intérieur du pays ont fait l’objet d’un programme de réhabilitation qui n’est pas allé à son terme. Mais en fonction de la Can, et vu que c’est une ville qui abritera une partie de la compétition, les efforts nécessaires seront faits pour que cet aéroport soit opérationnel et que les choses se passent comme on le souhaite, d’autant qu’Oyem est la vitrine du Gabon au nord du pays, parce que frontalier au Cameroun et à la Guinée équatoriale. C’est donc une porte d’entrée, qui implique que le gouvernement fasse le nécessaire.

Les contrôleurs de la navigation aérienne de l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (Asecna) au Gabon pratiquent depuis longtemps le contrôle à procédure. Or, avec la Can 2017, le trafic sera plus important. L’Etat ne devrait-il pas doter l’agence d’un radar comme l’ont fait d’autres pays ?

Avant de parler de la dotation du centre de Libreville d’un radar, il y a déjà la nécessité de faire un effort pour que nous ayons beaucoup plus de contrôleurs formés, parce qu’il s’agit d’un secteur très pointu, où on est en sous-effectif. Aussi, il convient de rappeler que l’Asecna a un caractère international, ce qui signifie que si, au Gabon, on enregistre un peu de contrôleurs, d’autres peuvent être affectés dans le pays. Il est vrai que lors de la Can on connaîtra un pic dans le trafic, ce qui nécessitera une forte présence de contrôleurs. Mais nous sommes en train d’étudier la possibilité de doter le centre gabonais d’un radar pour faciliter leur travail. Les délais ne sont pas très longs mais faites-nous confiance : les solutions appropriées seront trouvées.

Où en est le projet relatif à la compagnie Air Cemac ?

Air Cemac a officiellement été abandonné. On n’en parle plus.

Et celui de la compagnie nationale ?

(Rire). On a pris pour habitude de beaucoup s’épancher, de beaucoup s’exprimer sur des choses dans notre pays. Au niveau du gouvernement, et au ministère des Transports en particulier, sur cette question qui fait couler beaucoup d’encre et qui doit faire la fierté de notre pays, avec notre chauvinisme et notre élan patriotique, on préfère ne pas beaucoup parler. Je vous mentirais si je disais que nous ne travaillons pas sur ce sujet. Nous y travaillons, et nous avons choisi de le faire dans le silence, de ne pas faire trop de vagues, à la limite de surprendre.

Le gouvernement a-t-il baissé les bras dans le domaine du transport routier à grand porteur ?

Non. Et je pense même que vous êtes diplomate. Il faut dire qu’il y a de vrais problèmes. Non seulement des problèmes d’incivisme de la part des transporteurs routiers, mais également au niveau de la délivrance des documents de transport. Il y a de gros problèmes sur le respect de la loi, de la délimitation du périmètre et des heures imparties à la circulation des camions. Une situation qui occasionne souvent des accidents mortels et la dégradation de la voie publique. Sur ces questions, nous établirons la tolérance zéro. Ça fera grincer des dents, mais c’est le prix à payer pour le respect de la loi.

Il est reproché au centre des examens du permis de conduire et au centre de délivrance de carte grise de monnayer leurs services. Que fait votre département ?

C’est vrai ! Il ne faut pas se voiler la face, il y a du business là-bas. Et le ministère va sévir. Nous avons déjà mis en place des mécanismes, en vue de lancer un audit sans que les agents sur place ne le sachent. Ce serait faire injure à nos compatriotes que de penser que tout se passe pour le mieux dans le meilleur des mondes dans ces deux entités. C’est faux ! Il existe des dysfonctionnements, des indélicatesses, mais nous allons régler le problème de la manière la plus rigoureuse. Aussi, il ne faut pas jeter l’opprobre sur ces seuls agents, parce que souvent, nos compatriotes sont également les premiers à offrir certaines sommes pour la délivrance de ces documents : les responsabilités sont partagées.

Aussi, plusieurs auto-écoles voient le jour dans la capitale, ceci sans aucun siège social parfois. Pour l’examen final, les candidats de celles-ci sont intégrés dans les listes des écoles officiellement reconnues. Votre avis sur cette fraude ?

Notre ministère est tentaculaire. Il faut pouvoir identifier tous ces maux pour essayer de les régler à la source. Il y a une petite anarchie dans le secteur des auto-écoles, c’est vrai. Je n’ai pas envie de prendre comme excuse le fait que nous ne sommes là que depuis deux à trois mois. Nous avons pris le soin de faire le tour de ces entités pour identifier les problèmes qui minent le secteur, mais je préfère que les gens crient quand nous aurons sévi. Parce que, dans un secteur aussi sensible, et où la sécurité des personnes est engagée, nous avons l’obligation d’être rigoureux et de faire respecter la loi dans toute sa finalité.

A propos de sécurité des personnes. A quand les passerelles sur la voie expresse ?

Dans tout ce que nous faisons au ministère des Transports, il y a beaucoup de transversalité. S’agissant des passerelles, elles sont également de la responsabilité du ministère des Infrastructures et de l’ANGT (Agence nationale des grands travaux, ndlr). Nous sommes donc sur une question qui concerne plusieurs entités, et les deux autres ont déjà fait un travail dans ce secteur, en identifiant les sites. Il semble même que des sociétés intéressées aient été approchées, en vue de la construction de ces passerelles, qui vont concourir à la sécurité des biens. D’autant qu’à Libreville, notamment sur la voie expresse, on enregistre beaucoup d’accidents mortels que nous déplorons. Nous avons notre part de responsabilité parce que certains de ces accidents sont occasionnés par des véhicules dont les freins sont défectueux. Ce qui peut remettre en cause la nature de la délivrance de certains documents, en l’occurrence la visite technique. Et dans ce secteur, nous allons effectuer un nettoyage, parce que nous nous rendons compte que les deux entités chargées de délivrer ces documents se livrent une petite guerre des chiffres d’affaires. Elles ne font donc plus le travail pour lequel elles ont été retenues. Et nous verrons, dans le cadre de la reconduction de notre convention, si tous les éléments de ladite convention sont respectés, en tenant compte des normes novatrices en termes de respect de l’environnement, pour que chacun soit conscient qu’il engage sa responsabilité lorsqu’il délivre un document, et pour que nous n’ayons plus tous ces cercueils roulants que nous croisons.

Question personnelle. Est-il vrai que vous avez d’abord refusé d’assurer la gestion du ministère des Transports ? Il est même rapporté que vous avez même pensé à faire un coup d’Etat pour exprimer votre désaccord…

(Rire). Non, soyons sérieux ! Si ça avait été le cas, je n’aurais pas été devant vous aujourd’hui. J’aurais été à «Sans-Famille» (prison centrale de Libreville, ndlr), après qu’une enquête ait été diligentée. Je le mets sur le compte du «Kongossa» (ragot, ndlr). Je suis un patriote et un républicain. Je ne peux donc pas bouder le fait qu’on m’ait changé de département ministériel. Nous aimons les challenges, et croyez-moi, au ministère des Transports, il y a de gros défis que nous sommes prêts à relever. Nous sommes des soldats, nous avons notre loyauté et notre fidélité vis-à-vis du président de la République, dont je considère d’ailleurs qu’il m’a fait l’honneur de me confier un domaine sensible, où il y a une très forte technicité et une forte attente, parce que dans le domaine routier, maritime, aérien et ferroviaire. Ce serait une récompense de pouvoir mettre sur pied ce que les Gabonais attendent, notamment au sujet de la compagnie aérienne nationale pour laquelle nous ferons le nécessaire. C’est une marque de confiance de la part du président, qui envoie ses soldats au front, où le besoin se fait ressentir ; et moi, je suis son soldat.

Je veux me permettre d’aborder la question de la Sogatra (Société gabonaise de transport, ndlr), qui est une entité placée sous notre responsabilité. La société compte 50 bus sur le périmètre urbain, qui desservent 10 lignes et qui transportent 35 000 personnes par jour. Il faut donc savoir qu’il y a de gros efforts qui ont été faits par le gouvernement, en partenariat avec des Brésiliens qui nous ont déjà livré quelques bus. D’autres vont arriver, pour améliorer l’offre publique de transport sur Libreville. Il faut également savoir que nous nous délocalisons à l’intérieur du pays, où la société est présente avec cinq bus à Port-Gentil. Bientôt elle sera à Oyem et à Franceville avec cinq bus pour chacune des villes, et à Mouila avec trois bus. Et quand nous recevrons les bus restants, nous renforcerons ceux de Libreville et verrons comment desservir les autres capitales provinciales.

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