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«Le président a mis la main sur toutes les institutions», dixit Marc Ona Essangui
Publié le lundi 12 octobre 2015   |  Gabon Review


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© Autre presse par DR
Top départ pour le forum des indignés de Marc Ona Essangui


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Protagoniste avec les autres panélistes du débat sur les fondements de la démocratie au Gabon, ayant ouvert le forum citoyen de Libération, le secrétaire exécutif de Brainforest dénonce une forme de connivence institutionnelle voire une concentration des pouvoirs entre les mêmes mains.

Gabonreview : Vous avez participé à un panel sur les défis de la démocratisation. Quels sont les défis qui se posent au Gabon sur ce point ?

Marc Ona Essangui : Le premier défi pour la démocratisation au Gabon est celui des élections crédibles, transparentes où le citoyen reconnait avoir accompli un devoir civique. Tant que le citoyen ne se reconnait pas dans les résultats rendus publics, on peut tout faire, on va tout dire, il n’y a pas de démocratie. La démocratie, c’est la participation du citoyen. La démocratie, c’est le contrôle citoyen de l’action publique. La démocratie, c’est le citoyen au cœur de toutes les décisions. Puisque c’est ce citoyen que l’on sollicite pour désigner les responsables, ces responsables doivent rendre des comptes au même citoyen. Pourquoi à un moment donné, on va demander au citoyen de jouer un rôle et à un autre moment, on va lui dire qu’on ne reconnait pas exactement son statut de contrôleur de l’action publique ? On est en contradiction. Les institutions : le président de la République à lui seul est une institution. Cela veut tout simplement dire que toutes les institutions qui sont mises en place sont indépendantes de l’institution qu’est le président. Mais j’ai l’impression que le président, à lui seul, a mis la main sur toutes les institutions.

Que proposez-vous pour que cela change ?

Il faut mettre en place les institutions républicaines, un système judiciaire qui soit républicain, parce que la justice au Gabon fonctionne comme une toile d’araignée qui n’attrape que de petites mouches. On parle de corruption. Dans un système démocratique, on sait bien que quand quelqu’un est coupable d’un délit, il y a des éléments qui sont là, des juges pour juger. Mais ici, on est obligé de fonctionner avec la justice gabonaise comme une épée de Damoclès, pour des raisons politiques. On n’est plus dans un système démocratique.

Sur quoi vous vous basez-vous pour dire que le système juridique gabonais fonctionne comme un parti politique ?

Vous savez ce qui a été dénoncé. Vous savez le rôle de la justice. Même une dénonciation dans la presse, le procureur s’en saisit. Trop de scandales financiers sont annoncés. Vous savez qu’à la Gabon oil company, il y a un gros scandale, est-ce que la justice gabonaise s’est saisie de ça ? On a arrêté le directeur du cabinet du Président de la République en France, est-ce que la justice gabonaise s’est saisie de ce dossier ? Nous avons porté plainte contre Gemalto, cette entreprise française qui a organisé la biométrie ici avec des sommes colossales mais avec un résultat rikiki, est-ce que la justice gabonaise s’est saisie de cela ? Non. Mais vous allez voir la justice gabonaise faire dans le spectacle, parce que Mabiala a été arrêté. Nous ne sommes pas allés simplement soutenir Mabiala, comme Billie-By-Nze l’a dit. Nous sommes allés soutenir Mabiala parce que les conditions de son arrestation ne sont pas conformes à la procédure.

Curieusement, vous avez dit tout à l’heure que vous êtes un opposant. Alors que vous êtes plutôt connu comme un membre de la Société civile qui s’implique dans les questions environnementales. Expliquez-nous cela.

Mais vous êtes journaliste.

Ce n’est pas pour le journaliste que vous vous exprimez, mais pour ceux qui ne comprendront pas très bien ce que vous avez dit. Opposant et membre de la société civile, quelle explication ?

C’est quoi le statut d’opposant ? Être opposant, c’est s’opposer à un système, ne pas appartenir au camp au pouvoir. C’est la définition la plus simple. Ne voyons pas l’opposant dans le style on conquiert… C’est pour cela que j’ai précisé que depuis 1990, je n’ai jamais sollicité le suffrage des Gabonais. Vous m’avez déjà vu candidat quelque part ? Non. Cela ne m’intéresse pas, mais je reste opposant dans le cas du contrôle citoyen de l’action publique.

Tout citoyen qui estime que le système fonctionne mal est un opposant et l’opposant n’est pas un statut. Etre un opposant n’est pas un statut politique. Etre opposant, c’est s’opposer à quelque chose. On peut être opposant à sa femme à la maison. On peut être opposant à ses enfants. Je suis opposant au système en place depuis 50 ans parce que je ne partage pas ses dérives.

Brainforest est-il donc un parti politique ?

Marc Ona ce n’est pas Brainforest. Vous confondez tout. Mais je m’exprime correctement. Avez-vous déjà vu le label Brainforest quelque part dans un meeting politique ou dans une campagne électorale ? Je suis le Secrétaire exécutif de Brainforest, oui. Brainforest est une organisation que je dirige. Mais Marc Ona est aussi citoyen.

Vous avez dénoncé tout à l’heure la corruption à grande échelle au Gabon et vous dirigez une organisation qui reçoit des fonds, on ne sait d’où et comment ils sont gérés ?

Les fonds viennent des fondations. Les fonds viennent de partout et il y a une traçabilité. Si le gouvernement voulait faire son travail, au lieu de porter des accusations sur les acteurs qui se veulent indépendants, il l’aurait fait. Le gouvernement est libre d’aller voir d’où viennent nos fonds puisque nos comptes sont logés dans les banques locales.

En participant à ce forum citoyen organisé par Libération. Quels enjeux y avait-il ?

Les seuls enjeux de ce type de forum c’est les enjeux de communication pour le client qui a commandé. C’est une opération de communication pour le client Ali Bongo. Mais je suis un peu surpris de constater que son directeur de cabinet est parti quand il a fallu parler des problèmes de corruption alors qu’il était dans la salle. Bon, ça veut dire que, tant qu’on caresse dans le sens du poil, on reste dans la salle et quand on commence à appuyer là ou ça fait mal, on sort de la salle.

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