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Gouvernance Ali Bongo : La contestation jusque dans les rangs du PDG
Publié le lundi 29 juin 2015   |  Gabon Review


Faustin
© Autre presse par DR
Faustin Boukoubi, secrétaire général du Parti démocratique gabonais (PDG au pouvoir).


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Au parti des démocrates gabonais (PDG), un conflit vient d’éclater au grand jour entre les «Emergents» et les «Héritiers». La crise semble profonde. Ali Bongo va-t-il faire broyer la dernière excroissance de son parti, tel qu’on le pressent ou recoller les morceaux ?

Il y avait déjà eu la sortie d’Idriss Ngari lors de la dernière interpellation du Premier ministre par les députés. On a également bien senti quelques piques contre le Mogabo, dans la récente interview accordée à L’Union par Faustin Boukoubi. Mais là, pour la première fois dans l’histoire du Gabon, et singulièrement dans l’histoire du Parti démocratique gabonais (PDG), un groupe d’élus et de cadres – et pas des moindres – dont Alexandre Barro Chambrier est le chef de file, crée publiquement et solennellement un «rassemblement», une sorte de courant, appelée «Héritage et Modernité», et appelle à la tenue d’un Congrès extraordinaire. «Quand la maison est mise à mal, ont-ils dit le samedi 27 juin, nous ne pouvons rester indifférents».

Au-delà de l’expression de leur soutien et de leur fidélité au «Distingué Camarade», Alexandre Barro Chambrier et ses «camarades» – notamment Vincent Gondjout, Martin Mabenda, Jonathan Ignoumba, tous membres du Bureau de l’Assemblée nationale, Jean-Marie Ntoutoume Essone, Lucie Ndékayéno, Michel Mboumi, ainsi que d’anciens ministres, à savoir Michel Menga, Alexis Boutamba Mbina, Philippe Nzengué Mayila, aujourd’hui députés à l’Assemblé nationale, et de hauts cadres de ce parti, tels que l’ancien ministre Serge Maurice Mabiala qui, plus est, ancien directeur adjoint du cabinet du président de la République, et Simplice Mouango, directeur général d’administration centrale, connu pour être un proche de Guy Nzouba Ndama – ont publiquement dit leur ras-le-bol de la manière dont est conduit le PDG depuis le dernier congrès ordinaire d’avril 2013. Faisant montre d’un courage exceptionnel, Alexandre Barro Chambrier sait que sa «Déclaration du 27 juin» pourrait lui valoir – à lui et à ses camarades – de nombreux procès en trahison, tant il a décrit, avec ses mots, mais aussi selon ce qu’il entend dans la foule et les forces du changement n’auraient pas dit autre chose en ce qui concerne la gouvernance actuelle du Gabon, la situation politique et sociale qui prévaut dans le pays. «Comme tous les militants et citoyens, nous observons avec vigilance la vie politique de notre pays, et, à titre principal, le climat qui prévaut au sein de notre formation politique», indique l’élu du 4ème arrondissement de Libreville. Il poursuit : «Devant les initiatives collatérales et, somme toute, entreprises par d’aucuns, prétextant des motifs divers et variés à l’encontre de leur parti, nous nous interdisons de rester inertes, par respect pour notre engagement, par fidélité à nos idéaux et notre projet politique, et par loyauté envers les organes dirigeants de notre parti ; ainsi, quand la maison est mise à mal, nous ne pouvons rester indifférents, tant il est vrai que de nombreuses actions posées au sein de notre parti révèlent le recul de la confiance et sèment le doute sur le sens de notre destin».

Pour la tenue d’un congrès extraordinaire

C’est la raison pour laquelle le chef de file des frondeurs du PDG et ses amis appellent à la tenue d’un congrès extraordinaire dit de clarification, et ils préviennent qu’ils doivent prendre part «à la préparation de celui-ci, à tous les niveaux», parce que ce sont eux qui en sont demandeurs. Ils sollicitent également «la réinsertion dans les Statuts du parti des dispositions supprimées de l’article 4 des précédents Statuts, en ce qu’elles favorisent l’expression des sensibilités plurielles».

Ne comprenant pas ce qui semble s’apparenter à un refus de dialogue politique qu’appellent de leurs vœux tant et tant de leaders d’opinion et de fonctionnaires internationaux, Alexandre Barro Chambrier souligne que «dans notre pays, le climat politique s’est extrêmement dégradé, avec une classe politique binaire, vautrée dans des certitudes manichéennes au rebours de nos traditions de dialogue» ; et d’ajouter, rejoignant en cela les propos de Faustin Boukoubi, secrétaire général du PDG, que «cette situation est opportunément mise à profit par des phalanges profito-situationnistes qui érigent des murailles pour isoler le président, le dévitaliser et ainsi le leurrer à volonté». Pour mieux faire comprendre son propos, le Professeur agrégé d’économie affirme : «nous assistons, non sans étonnement, à l’apparition des associations ploutocratiques prétextant formuler une réponse à la crise démocratique que traverserait le Parti ; ce dernier (le parti) étant injustement, de notre point de vue, à tort réputé incapable de s’émanciper de son tropisme monolithique».

Héritiers d’Omar Bongo

Se posant en héritier de l’action d’Omar Bongo, le député du 4ème arrondissement de Libreville estime que cela tend à «discréditer de fait le socle légué par feu le Président Omar Bongo Ondimba forgé dans le dialogue, la tolérance et la paix», dénonçant au passage le fait que depuis le congrès extraordinaire de mars 2010 et surtout depuis celui d’avril 2013, «le centre de décision du parti se soit inexorablement déplacé dans des espaces interlopes marqués par le rejet de toute critique et de toute suggestion constructive ; ainsi, la stigmatisation et la marginalisation des élus détenteurs d’un mandat démocratique, très souvent obtenu de haute lutte, et des cadres qui, tous ensemble, portent la légitimité de notre parti et en crédibilisent l’action, sont désormais de mode au sein du PDG, désormais géré par certains prétendus camarades déterminés à le faire perdre, en dehors du secrétariat exécutif, et de notre Secrétaire Général qui fait montre de qualités exceptionnelles de résilience et de rassemblement».

Rendant hommage et se projetant sur le futur, le chef de file du mouvement «Héritage et Modernité», Alexandre Barro Chambrier, termine par un «Vive le Gabon éternel, hommages et gratitude à nos Sages devanciers, nos doyens et nos valeureux militants pour que vive le PDG de demain et de toujours au service de la Vérité, de la Justice pour tous, du Vrai, du Bien, et du Beau dans le «Gabon d’abord» des Gabonais !»

Avant la sortie d’Alexandre Barro Chambrier et ses camarades, d’autres «grognards» du PDG s’étaient exprimés au sujet de la gouvernance d’Ali Bongo et de la conduite des affaires du PDG. C’est le cas du Général à la retraite Idriss Ngari qui demandait que le pouvoir en fasse beaucoup plus pour les populations. Quant à Faustin Boukoubi, il s’était demandé s’il était vraiment nécessaire de démultiplier les structures soutenant l’action du chef de l’Etat.

Le parti au pouvoir connaît indéniablement une crise en son sein. Quand on voit ceux qui, samedi dernier, étaient présents à la Chambre de Commerce, puis au domicile de l’ancien ministre du Pétrole, on se rend à l’évidence que la crise est profonde. La création d’associations dites «ploutocratiques», telles que le Mouvement gabonais pour Ali Bongo Ondimba (Mogabo) et Renaissance, au sein du PDG, sont visiblement à l’origine de cette crise. Si les conflits entre Rénovateurs et Appelistes étaient moins visibles en raison d’un manque de curiosité des médias, ceux qui existent entre «Emergents» (Mogabo) et «Héritiers» paraissent graves et risquent d’être inextricables. Qui va appeler à la «Paix des Braves» ? Qui peut mettre fin à ces luttes intestines ? Qui peut anéantir cette guerre fratricide ? Ali Bongo Ondimba, l’actuel président du PDG, n’ayant pas l’étoffe et l’âme de son prédécesseur qui était un faiseur de paix, qui peut parvenir à recoller les morceaux ? D’ailleurs, est-il vraiment écouté par les élus et cadres de ce parti, en dehors de ceux qui s’affichent au Mogabo ? En tout cas, la rupture entre les deux groupes pourrait constituer un tournant majeur dans la vie de ce parti cinquantenaire. «Parce que, comme l’a confié un éminent membre du Mogabo, Ali Bongo ne cèdera pas à leur demande de congrès extraordinaire ; au contraire, il va les broyer, nous allons les broyer».

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