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Retour sur le discours du ministre sur la journée de la Paix
Publié le vendredi 14 novembre 2014   |  Nouvelles du Gabon


Alexandre
© Autre presse par DR
Alexandre Désiré TAPOYO, le Ministre des Gabonais de l’étranger.


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Libreville - Comme par une providentielle coïncidence, il y a aujourd’hui 30 ans jour pour jour, très exactement le 12 novembre 1984, le monde entier marquait son attachement indéfectible à l’idéal de Paix auquel ont fondamentalement droit toute nation et chaque peuple. Cette initiative de l’Assemblée générale des Nations Unies fut alors matérialisée par l’adoption de la résolution 39/11 approuvant le texte emblématique qu’est la « Déclaration sur les Droits des Peuples à la Paix ».

Ledit instrument, faut-il le rappeler, fut pertinemment adopté dans un contexte international marqué par la lancinante guerre froide d’alors et le souvenir douloureux des deux conflits mondiaux ayant marqué à jamais l’histoire de l’humanité, dans le souci de réaffirmer l’exigence du maintien de la paix et la sécurité internationale. Il rappelle notamment le désir et la volonté de tous les peuples d’éliminer la guerre de leur marche vers une destinée prospère, pour le bien, in fine, de chaque être humain.

Plus précisément, la Déclaration sur les Droits des Peuples proclame solennellement que les peuples de la Terre ont un droit sacré à la paix, de même qu’elle sensibilise chaque pays à la mise en œuvre de tous les moyens et mesures nécessaires à l’exercice desdits droits.

Aussi, face au constat de l’oubli permanent et manifestement entretenu des règles et comportements indispensables au triomphe du droit des peuples à la paix, notamment occasionné par le franchissement de certaines lignes rouges en matière de préservation d’un climat social serein dans notre pays, me plait-il en ma qualité de Ministre en charge des Droits Humains de m’adresser à tous et à chacun en vue d’un appel à une réelle prise de conscience quant aux risques encourus pour notre jeune nation dont les pères fondateurs ont tôt fait d’en rêver la marche résolue vers
la félicité, dans la concorde et la fraternité de ses enfants que nous sommes tous, indépendamment de nos différences et au-delà de celles-ci.

L’actualité nationale et au-delà de nos frontières est depuis quelques temps caractérisée par l’observation persistante d’attitudes dangereuses pour l’équilibre de notre société et la paix civile.

On assiste désormais à une instrumentalisation de la notion de Droits Humains, par une revendication sélective et même pernicieuse de leur jouissance, en écartant la responsabilité et les devoirs qu’induit leur exercice par chaque maillon de la chaine sociale.

Ainsi, certains acteurs de la vie publique nationale vont même jusqu’à laisser croire qu’au nom des Droits de l’Homme, il est possible de casser, de prôner le tribalisme, l’ethnisme et la xénophobie.

Face à un tel constat, devant les dangers que de telles dérives font courir à notre société, il est impératif de rappeler que le respect des Droits Humains n’est guère une option ou un gadget. Il est une obligation légale, morale et politique s’imposant à tous.

A la Jeunesse gabonaise, chers enfants,

Le choix de m’adresser d’abord à vous démontre la place primordiale que vous avez non seulement dans l’esprit et le cœur de chacun de vos parents, dont je fais d’ailleurs parti, mais aussi et surtout dans l’avenir de notre beau pays, notre patrie, notre bien commun.

Dans la grande et longue histoire des nations, la jeunesse a de tous temps donné de son ardeur et de son dynamisme pour la marche victorieuse de la société. Ces mouvements historiques ont toujours été glorieux parce que quand on est jeune on a toujours foi en un lendemain meilleur, parce que le véhicule de la jeunesse est le rêve d’un monde plus conforme au bonheur des peuples, parce que la jeunesse est le principal leitmotiv des dirigeants aux grandes ambitions pour leurs populations.

Ce pouvoir considérable fait de vous les fers de lance du développement et du progrès du Gabon en particulier, vous exposant ainsi, néanmoins, à tous les dangers inhérents aux luttes de toutes natures et souvent menées pour des objectifs inavoués et à même de détériorer la paix sociale, de mettre à mal vos rêves, ceux qui guident fondamentalement votre soif de vivre et d’en être heureux.

Certes, le monde qui vous est offert peut être source de frustrations en vous Certes les orientations politiques et multisectorielles sont quelques fois incompréhensibles à vos yeux. Certes encore, l’œuvre que nous menons d’abord pour vous demeure perfectible eu égard à son caractère humain. Mais ces désagréments, somme toute surmontables et réparables, ne sauraient rendre légitime l’instrumentalisation réductrice et insultante dont les ennemis de la paix font montre à votre égard.

Il est donc plus qu’urgent de vous persuader de votre rôle de leader dans la marche de notre pays vers le progrès, dans les choix politiques opérés par les gouvernants et dans la lutte assidue et acharnée du maintien de la paix au sein de la nation gabonaise.

Chers enfants, chers jeunes, Soyez des orienteurs au lieu de vous faire orienter très souvent en méconnaissance de causes. Soyez des inspirateurs au lieu d’être manipulés et privés de votre droit fondamental de choisir les bonnes voies. Défendez activement la paix de notre pays, notre peuple, car vous en êtes les véritables gardiens et principaux bénéficiaires de demain. Ayez donc vos propres critères de jugement. Dieu n’a pas promis une vie sans douleur, sans luttes et sans difficultés. Il a promis de vous donner la force de passer à travers eux.

Chers parents,

L’amour de la paix, c’est tout simplement l’amour, dans son acception la plus large. Aimons notre progéniture en lui inculquant la passion effrénée de la paix et de ses bienfaits. Eduquons nos enfants en leur prodiguant sans relâche le parfum apaisant de notre attention éducative et empreinte d’amour.

Cessons donc de voir en notre jeunesse les outils malléables de la construction absurde de nos folies et nos égoïsmes qui, non seulement sont les ravageurs de leur avenir, mais aussi et surtout les dévoreurs-à leur insu- des aspirations légitimes qui les guident profondément.

Soyons les semeurs de leur avenir prospère, car, demain, nous ne serons plus aptes ou présents pour les aider à affronter les conséquences irréversibles et fâcheuses de nos éventuels manquements d’aujourd’hui. Il n’y a que 02 jours dans l’année où nous ne pouvons rien faire.

Ils s’appellent HIER et DEMAIN. Pour le moment, AUJOURD’HUI est le jour idéal pour aimer, croire, faire et principalement vivre.
L’enfant a le droit de grandir dans une atmosphère d’affection et de sécurité morale et matérielle.
Mesdames et Messieurs les Responsables et Acteurs administratifs et institutionnels,

Notre sacerdoce à tous est en réalité celui du don de soi au bénéfice du plus grand nombre. Cela commande que nous soyons constamment habités de valeurs dont la finalité profonde est l’émancipation intégrale de chacun de nos concitoyens.

La pratique de la Justice fait la grandeur d’une Nation, l’Injustice provoque la mort des peuples.

Trop souvent, dans le cadre de nos lourdes charges et missions respectives, nous omettons l’indispensable prise en compte d’apparents détails dont l’agrégation est porteuse de maux finalement nocifs à la Paix si nécessaire à l’essor de notre Etat, de son peuple et de chaque homme et femme le constituant.

Lorsqu’il n’y a plus de vision d’avenir, le peuple s’abandonne au désordre.

L’impératif entrain que doit manifester le Gabon dans le cadre de la pérennisation de la Paix qui l’a toujours caractérisé est au prix considérable de la contribution de chacun d’entre nous, en vue de la consolidation de cet héritage inestimable qu’est la coexistence pacifique de chaque composante de notre peuple.

En ce sens, il ne saurait échapper à personne que Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, Son Excellence Ali BONGO ONDIMBA, nous y exhorte inlassablement, et, même, avec une vigueur patriotique hautement méritoire. Car, en vertu de notre responsabilité devant l’histoire, seules ne valent en réalité que les actes nobles et porteurs que nous auront individuellement posés pour le bien des générations présentes et futures, pour notre Gabon que nous voulons éternel.

Honorables et Vénérables parlementaires,

Celui qui fait la sourde oreille aux cris des pauvres, aux appels des démunis, n’obtiendra pas de réponse quand il appellera lui-même au secours.

En vos qualités de bâtisseurs et défenseurs, au premier plan, de l’Etat de droit qu’est le Gabon, nul n’est pour moi besoin de rappeler le souci constant qui vous anime, dans la représentation nationale qui est votre attribut, de toujours relayer les espoirs et désirs profonds de notre peuple. Cette entreprise permanente demeure un précieux pont entre les populations qui ont placé leur confiance en vous et les plus hautes autorités de l’Etat dont la légitimité émane de ces dernières.
J’en appelle donc humblement à votre sens élevé et reconnu du patriotisme aux fins de toujours veiller à la prise de textes de nature à renforcer la Paix dans notre pays, à la ratification de tout instrument utile à cette fin, et au contrôle plus affirmé de l’action gouvernementale au service de nos concitoyens. En définitive, en matière de préservation de la Paix, on n’en fera jamais assez, vous le savez certainement mieux que moi.

Mesdames et Messieurs les membres de la Société Civile,

Les luttes indispensables que vous menez au quotidien, vos engagements social et sociétal au bénéfice des populations et les objectifs censés être poursuivis par vous, tout autant louables qu’ils soient, ne sauraient manquer à l’exigence de préserver la Paix et la quiétude parmi nos concitoyens.

L’œuvre collective à laquelle vous prenez une part active, aux cotés des autorités et institutions de notre pays, doit avoir pour préoccupation première d’aider nos concitoyens à raffermir leur sentiment d’appartenance à la Grande Maison Gabon, cette demeure dont la paix doit rester le bien le plus précieux.

Nous savons que l’Esprit est bien disposé, mais la nature humaine est faible.

Aussi, les manipulations diverses dont certains de vos membres sont trop souvent les objets, et même parfois les artisans, mettent-elles gravement à mal certains fondements de notre vivre-ensemble, parfois à l’occasion d’un mélange de genres outrancièrement orienté vers la satisfaction de basses aspirations ourdies par des personnes mal intentionnées ou, dans tous les cas, peu scrupuleuses des effets dévastateurs des moyens mobilisés pour l’atteindre. La protection de notre édifice commun qu’est le Gabon exige une autre approche de ce qu’est la liberté, aux fins que triomphent les valeurs émancipatrices de notre peuple.

Mesdames et Messieurs les responsables et militants des partis politiques,

Le rôle incontournable que vous jouez dans l’éducation de nos populations à la citoyenneté et au respect des devoirs liés à l’exercice des droits politiques est d’autant plus interpellé qu’on assiste, ces temps derniers, à quelques excès pouvant détruire notre tissu social. La démocratie ne doit en effet point être un contexte où les notions de civisme et de rectitude républicaine sont fortement amoindries pour la mise en exergue de propos et méthodes velléitaires, n’ayant de portée qu’à l’aune des ambitions politiques certes légitimes, mais obéissant bien souvent à des processus néfastes pour l’œuvre de construction nationale. La Paix dont notre pays a toujours bénéficié n’est pas spontanée et perpétuelle en soit. Elle est le fruit du labeur politique qu’ont toujours eu à cœur les générations passées et actuelles pour le maintien d’une atmosphère apaisée au bénéfice de nos enfants et des générations à venir.

Les lois et règlements en vigueur nous rappelle le caractère hautement sacré de la Paix qui nous a été léguée par ceux qui nous ont précédés en cette terre nous ayant presque tous vu naitre. L’orgueil de l’homme le conduit à la faillite. Avant d’accéder aux honneurs, il faut apprendre l’humilité.Soyez donc davantage porteurs de ce qui nous unit, et non ce qui nous divise.

Mesdames et Messieurs les Responsables et fidèles des confessions religieuses,

La foi qui vous guide est similaire, presqu’en tous points, au patriotisme qui doit animer tout bon citoyen à l’égard de son pays. Vous êtes des leaders de consciences et d’opinions, des guides moraux pour l’accomplissement glorieux des destinées humaines individuelles et collectives. En ce sens, il n’est guère suranné ou fortuit de voir l’impact heureux de votre action constructrice des esprits et des cœurs sur le développement même de chaque nation, et partant de notre pays.

Cette grande œuvre est d’autant plus indispensable qu’elle permet la solidité de la Paix en chaque citoyen et autour de ce dernier. Soyez-en vivement remerciés et salués par la Communauté nationale. Les bienfaits que votre apport notable a permis d’atteindre ne doivent pas pour autant occasionner un quelconque relâchement, en raison notamment des risques et dangers nationaux évoqués plus haut.

Que votre amour pour l’humanité demeure franc et discret, sans hypocrisie. Au service de Dieu et du prochain, ayez du zèle, soyez encore plus dynamiques dans la bienveillance, et surtout persévérez dans la prière.

Mesdames et Messieurs de la Presse,

Votre présence ici montre à quel point vos missions d’information et d’éducation sont importantes pour l’édification des masses et des élites du Gabon.

Au titre des droits fondamentaux de la personne humaine, figure en bonne place celui de s’informer. En accomplissant votre noble profession, vous participez donc au respect des Droits de l’Homme et favorisez ainsi l’ancrage de chaque homme et femme gabonais dans la culture démocratique, gage d’harmonie sociale et de coexistence pacifique des populations vivant sur notre territoire.
Forts de votre place dite de 4 ème pouvoir, certains de vos membres devraient pour autant se souvenir de la grande responsabilité qui est la leur dans le processus démocratique, ce processus parsemé de nombreux pièges dont le ressassement et l’évocation, même en filigrane, peut occasionner des déflagrations sociales aux conséquences imprévisibles.

Un témoin digne de foi sauve des vies, mais celui qui débite des mensonges et des incohérences, fait tomber dans l’erreur. L’histoire nous l’apprend abondamment et avec à propos.

Mesdames et Messieurs, Chers compatriotes,

Au terme de ce propos sensibilisateur sur l’importance à accorder à la Paix et aux droits liés pour chaque peuple, et en l’occurrence pour le nôtre, je voudrais réitérer l’extrême obligation que nous avons, chacun en ce qui le concerne, d’être de véritables défenseurs du Gabon, notre patrie, la seule et l’unique pour le bonheur de laquelle rien, absolument rien, ne doit nous départir du devoir patriotique et sacré d’en sauvegarder les fondements séculaires.

Je vous remercie pour votre aimable attention.

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