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PIP : les membres du gouvernement Ona Ondo aussi ?
Publié le jeudi 28 aout 2014   |  Gabon Review


Jean
© Autre presse par DR
Jean Eyghe Ndong, ancien Premier ministre d’Omar Bongo Ondimba


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Comme tous les agents publics, le Premier ministre et les ministres de son gouvernement perçoivent eux aussi la prime d’incitation à la performance ! Entre 18 millions pour certains et 90 millions CFA pour d’autres, selon les différentes catégories de ministères qu’ils se sont fixées, les membres du gouvernement sont particulièrement choyés, alors qu’ils auraient du continuer à percevoir uniquement les fonds politiques…

Pourtant, le président Ali Bongo, qui disait avoir fait un constat réaliste sur l’état de la pauvreté au Gabon, déclarait avoir institué cette prime pour augmenter le pouvoir d’achat de «ceux qui n’ont pas grand-chose» et pour permettre une meilleure redistribution des richesses à diverses couches de la société. Il s’agissait aussi de «réformer le système social au profit des populations vulnérables, les petits fonctionnaires». La volonté du chef de l’Etat était tendue, disait-on, vers un seul objectif, celui de mettre fin à une injustice sociale, de faire une répartition équitable des primes, celui d’accorder à l’ensemble des agents de l’administration des primes que ne recevaient jusque-là que 20% d’entre eux. Mais ces bonnes intentions n’ont pas mis du temps. Comme sur beaucoup de dossiers, le «système» a encore eu raison du président de la République.

On était en effet loin d’imaginer que la PIP serait aussi versée aux personnalités politiques qui disposent quand même déjà d’avantages divers et variés. Même si la PIP est moins «incitative» que les fonds communs – le prédécesseur de Christophe Akaga Mba à l’Economie recevait, par exemple, environ 450 millions FCFA chaque mois -, on est surpris d’entendre certains chiffres. Il y a des ministres qui, trimestriellement, en sont à 18 millions, 24 millions, voire 90 millions de francs CFA de primes.

«Il aurait été trop beau qu’une telle manne financière -on parle de 100 milliards CFA par an- ne tombe que dans les poches des «roturiers» et des gagnepetits», regrette un enseignant de l’Institut national des sciences de gestion (INSG), parce que, ajoute-t-il, «une prime d’incitation est par définition une prime versée à des subalternes ; maintenant, qui va évaluer la performance du Premier ministre ou celle du président de la République ? Quels en seront les critères ? Il faut déjà trouver des critères pour les différents corps de métier de l’administration, il faudra dorénavant trouver aussi des critères pour noter et évaluer le travail du Premier ministre et celui des membres du gouvernement».

C’est le paradoxe de cette prime qui se voulait plus sociale, mais qui a fini par tourner le dos aux engagements initiaux. Cela semble témoigner d’une conception manipulatrice du pouvoir. En fait, tous les retards à l’allumage qu’a connus la PIP étaient en fait dus aux hésitations présidentielles d’accorder ou non cette prime aux membres du gouvernement. Question : pourquoi a-t-on voulu faire croire que cette prime n’était versée qu’aux agents publics de l’Etat, alors que le sommet de l’Etat est également concerné par ce «sursalaire trimestriel» ?

Instituée au départ pour atténuer les effets de la fracture sociale ambiante, et des disparités salariales existant entre agents de la même Fonction Publique, la PIP a été détournée de son objet initial. Les «en haut d’en haut» ont décidé de se l’octroyer aussi. Tout cela suscite des doutes dans l’opinion, du scepticisme dans la population, parce que le petit peuple a aujourd’hui le sentiment que le chef de l’Etat ne fait jamais rien pour rien…

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