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Jean Ping exige un droit de réponse à Gabon Télévision
Publié le mercredi 20 aout 2014   |  Gabon Review


Jean
© Autre presse par DR
Jean Ping, l’ancien président de la Commission de l’Union africaine


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Visiblement surpris par certaines affirmations d’Ali Bongo lors de son dernier passage sur la principale télévision publique, Jean Ping contre-attaque à travers une interview dans Echos du Nord. Balayant d’un revers de la main toutes les accusations dont il a été l’objet, il demande que lui soit accordée la possibilité de livrer sa part de vérité, dans les mêmes formes et sur le même média.

Comme il fallait s’y attendre, Jean Ping a réagi aux propos tenus par le président de la République le 17 août dernier sur les antennes de Gabon Télévision. A travers une interview publiée par Echos du Nord le 19 août dernier, il contre-attaque. «Je regrette qu’à un moment solennel, monsieur Ali Bongo Ondimba n’accorde que 10 minutes à la question de la santé des Gabonais, 10 minutes à l’éducation, mais qu’il passe qu’il passe la quasi-totalité de son temps d’antenne à parler de moi», regrette d’entrée de jeu l’ancien président de la Commission de l’Union africaine. Au détour d’une question sur l’intention de l’ONG Convergence pour l’unité de le trainer en justice pour «incitation à la révolte», il exige un droit de réponse à Gabon Télévision, avant de réaffirmer sa détermination à demeurer au Gabon, quoi qu’il lui en coûte. «Ils vont vouloir m’intimider pour me faire partir du Gabon, mais je ne partirai pas», lâche-t-il. Et pourtant, l’homme se dit convaincu «qu’on veut utiliser tous les moyens pour (l)’empêcher d’être candidat, soit par une élimination physique, soit par un procès injuste suivi d’une condamnation fallacieuse, soit par une modification abusive de la constitution».

Se défendant de toute xénophobie, Jean Ping affirme n’avoir de haine contre personne, «même pas contre Ali Bongo, encore moins contre sa légion étrangère, dont Maixent Acrombessi, (qu’il ne connait) d’ailleurs que de nom». «Je sais juste que cet homme est Béninois de nationalité sans le moindre doute, qu’il occupe de hautes fonctions dans notre pays et qu’il n’est devenu gabonais que récemment, parce qu’on voulait faire de lui un directeur de cabinet», martèle-t-il, avant d’inviter Ali Bongo à «(rendre) le Gabon aux Gabonais» et à «(laisser) les Gabonais s’exprimer librement». «Arrêtez de vous comporter en monarque à qui les Gabonais doivent tout, y compris leur vie. Respectez les Gabonais. Rendez leur dignité que vous avez confisqué avec votre légion étrangère et vous verrez que le Gabon se portera mieux», lance-t-il à l’endroit du président de la République.

Sans doute du fait des origines de son père ? En tout cas, l’ancien ministre des Affaires étrangères insiste à se dépeindre autrement que comme un xénophobe, réitérant ne rien avoir contre les Gabonais d’origine étrangère ou les non-Gabonais. «Nous avons besoin de la force, de l’intelligence, de la compétence et du talent de quiconque veut contribuer au développement de notre pays», assène-t-il, précisant cependant que «chacun doit être sa place». «Il n’est pas normal qu’un non Gabonais occupe de hautes fonctions à caractère hautement stratégique au cœur de l’appareil de l’Etat», assène-t-il, poursuivant : «Pendant qu’il s’évertue à vouloir semer la confusion dans les esprits au sujet de la prétendue xénophobie pour me discréditer, (le pouvoir en place encourage) certains de ses collaborateurs, les plus proches, à vouer aux gémonies toute une communauté ethnique nationale, en appelant quasiment au génocide fang».

Réfutant le parallèle établi par le président de la République entre Maixent Accrombessi et Samuel Dossou-Aworet, celui qui a aussi occupé les fonctions de ministre des Mines et du Pétrole estime que ce «n’est pas juste». «Oser comparer Dossou et Accrombessi, mon Dieu ! C’est un écran de fumée. Il y a d’une part un Gabonais parfaitement intégré, certes d’origine étrangère, et d’autre part un homme, arriviste, qui dérange tout le monde, y compris au sein de la majorité et de son plus proche entourage», s’offusque-t-il. Selon lui, Samuel Dossou-Aworet «est certes Béninois à l’origine. Mais il est devenu Gabonais avant d’occuper de hautes fonctions au sein de notre administration». Mieux, il «a épousé madame Dossou Honorine, une Gabonaise, quand il était étudiant à l’Institut français du pétrole» etne s’est «pas contenté d’épouser une Gabonaise et de venir s’installer avec elle au Gabon. Il a beaucoup investi à Mpaga, le village de sa femme, en y construisant des écoles, des dispensaires, un collège et même une piste d’atterrissage». Il «a été recruté au ministère des Hydrocarbures pour ses compétences avérées, alors dirigé par monsieur Mbouyi Boutzit. Plusieurs décennies après, quand j’arrive à la tête dudit ministère, il occupait déjà les fonctions de directeur général des hydrocarbures», souligne-t-il. «Ce n’est pas moi qui l’ai nommé», conclut-il, comme pour dégager toute responsabilité ou plutôt restituer la vérité historique.

Se penchant sur l’action d’Ali Bongo à la tête de l’Etat, Jean Ping l’accuse de manquer de «sérieux» et de s’adonner à un «un jeu d’évitement», «sans une moindre volonté d’autocritique, sans une esquisse de bilan d’étape». «Ce n’est pas à cause de moi que les Gabonais souffrent à ce jour, plus que par le passé, de mal logement, de manque d’infrastructures routières, de déficit de structures hospitalières et d’un système de santé digne de ce nom. Ce n’est pas à cause de moi que l’école est en panne dans notre pays, que l’enseignement supérieur est à l’agonie, que les fonctionnaires voient leurs maigres acquis sociaux diminués, supprimés, que le pouvoir d’achat des plus défavorisés s’amenuise, que certaines catégories de Gabonais mangent dans les décharges publiques», se défend-t-il, quelque peu ironique. Et de trancher : «C’est à cause de la mauvaise politique, de l’amateurisme, du dilettantisme du pouvoir en place et de la culture mafieuse qui au plus haut sommet de l’Etat…»

Souvent présenté comme le responsable de la rupture de contrats entre le Gabon et certaines multinationales, Jean Ping estime ce que sont des accusations mensongères pour le discréditer ou pour entacher son éventuelle candidature à la présidentielle. «Je n’ai absolument rien à avoir avec ces accusations. Toutes les autres connivences que l’on me prête par ailleurs avec Total sont complètement ridicules», affirme-t-il.

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