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M.F. Dikoumba : «Un collectif budgétaire pour la stratégie d’investissement humain du Gabon»
Publié le mercredi 6 aout 2014   |  Gabon Review


Marie-
© Autre presse par DR
Marie- Françoise Dikoumba ,ministre délégué à la Prévoyance sociale et à la solidarité nationale


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La ministre déléguée auprès du ministre de la Prévoyance sociale et de la Solidarité nationale, revient sur le rapport McKinsey ainsi que les implications juridiques et institutionnelles de la mise en œuvre de la stratégie d’investissement humain et les Assises sociales.

Gabonreview : En février dernier, le cabinet McKinsey & Company a rendu un rapport sur la pauvreté et la précarité au Gabon. Depuis, des mesures ont été prises. Quelle est l’implication de votre ministère dans l’application de celles-ci ?

Marie Françoise Dikoumba : Sur la base des informations recueillies dans le rapport McKinsey, au niveau du ministère de la Prévoyance sociale et de la Solidarité nationale, nous nous sommes interrogés sur les moyens à mettre en œuvre pour venir en aide aux populations vulnérables, afin de réduire au mieux la fracture sociale mise en exergue. Pour ce faire, nous nous sommes servis des exemples d’autres pays tels que le Brésil où la Bolsa Familia du président Lula da Silva a permis de relever les indicateurs socio-sanitaires, notamment en matière de mortalité maternelle et infantile, d’accès à la scolarité et aux soins de santé sous certaines conditions. De même, l’exemple du Maroc ou du Rwanda nous a permis d’envisager la mise en place d’autres mécanismes basés non seulement sur l’aide sociale mais aussi sur des politiques d’autonomisation axées sur des activités génératrices de revenus pour les personnes et des projets identifiés.

Ainsi, contrairement à ce qui se faisait sur le plan national avec les seules distributions d’aides sans contrôle et sans contrepartie, nous avons déployé une stratégie à quatre (4) volets dont le premier est un filet de protection économique. Celui-ci nous permettra de distribuer des aides aux 7 cibles jugées les plus vulnérables. Il s’agit notamment des familles avec enfants, les femmes seules avec enfants sachant qu’elles ont des besoins plus spécifiques, des personnes âgées, des handicapés, des veuves, des orphelins et enfants des rues, ainsi que des étudiants isolés. A ces cas spécifiques, nous distribuerons des allocations de rentrée scolaire, des allocations familiales à un montant relevé, qui seront d’ailleurs distribuées depuis le 5 août dernier sur l’ensemble du territoire national.

Quid des étudiants dits isolés ?

Au sujet des étudiants dits isolés, il s’agit en fait d’étudiants non boursiers vivant loin de leur famille, et nous en dénombrons plusieurs. D’aucuns, issus de localités reculées sont inscrits dans des universités et grande écoles de Libreville ou même à Franceville sans aucun parent et sans aucun revenu propre. Ce qui a des conséquences sur leurs études et notamment sur leurs résultats. Ceux-là seront désormais pris en compte dans les différentes aides que nous mettons en place. Un appel sera lancé à cet effet dans les mois à venir pour les inciter à se rapprocher de nos services.

Est-ce là une initiative du ministère que vous représentez ou celle de la Caisse nationale de maladie et de garantie sociale (Cnamgs) ?

Sur ce projet précis comme dans nombre d’autres, nous travaillons sur la base de nos propres initiatives, et en dehors de la Cnamgs. Dans la stratégie d’investissement humain, il a été mis en place le cadre normatif qui concerne exclusivement les organes de gestion et les organes de pilotage. Pour les premiers, il s’agit d’un Comité national présidé par le Premier ministre. En dessous, nous avons le comité technique national et les comités provinciaux. Après ces derniers, arrivent les organes tels que la Cnamgs qui est chargée de liquider les filets de protection comme elle faisait déjà pour les allocations familiales, les primes de rentrée scolaires et les layettes aux Gabonais économiquement faibles, avant de se voir transférer d’autres.

Et qu’en est-il des autres volets stratégiques mis en œuvre par votre département ministériel ?

En dehors du filet de protection économique, notre étude nous a conduit à la création d’une aide basée sur le soutien et le financement des activités génératrices de revenus qui vise l’autonomisation des populations vulnérables. A côté de cela, nous avons un autre volet qui concerne l’accès des populations aux services sociaux de base. Il s’agit, là, d’un programme basé sur l’accès des individus présentés comme très vulnérables aux logements, à la scolarisation, à la santé et au transport. Et pour finir nous avons un volet axé sur une politique ciblée des travaux dont l’objectif est de concentrer les efforts sur des zones dites prioritaires.

Un exemple…

Dans l’étude faite avec McKinsey, nous avons vu qu’il y a des arrondissements de la capitale, des départements et des villages du pays qui, par exemple, sont en décrochage par rapport à la moyenne nationale. L’objectif est donc de concentrer les efforts dans ces zones, en matière d’infrastructures routières pour faciliter le raccordement d’une zone éloignée à une voie principale, d’infrastructures sanitaires et dans le domaine du logement. Un cas pratique : la mairie de Libreville travaille actuellement avec le cabinet McKinsey et le Comité technique national sur la question de la résorption de l’habitat précaire. L’objectif, bien entendu, n’étant pas de raser tout un quartier pour construire de nouvelles maisons, mais de cibler, sur la base de critères et d’indicateurs bien spécifiques, les habitations dites très précaires, où l’Etat, dans le cadre de sa stratégie d’investissement humain, va concentrer ses efforts. On procédera donc, soit à la restructuration de ces logements soit à leur construction en faveur d’un individu ou d’une famille.

Au sortir des Assises sociales d’avril dernier, de grandes décisions ont été prises, où en sommes-nous ?

Au sortir des Assises sociales, le président de la République a pris un certain nombre de décisions, notamment celle de mettre à disposition un financement de 250 milliards de francs CFA sur trois (3) ans. Ce qui signifie que 85 milliards serviront à financer les filets de protection économique et activités génératrices de revenu. Le cadre ayant été pris, nous savons désormais quels sont les institutions et organes qui devront être mis en place. Et sur cette base, à notre niveau, un collectif budgétaire a été commandité pour budgétiser la stratégie d’investissement humain du Gabon et tenir compte des mesures qui ont été prises par le président de la République.

A ce jour, ce collectif budgétaire a financé la stratégie d’investissement humain en fonction du prorata temporis des mois restants. C’est-à-dire que nous avons environ 31 milliards de francs CFA qui ont été inscrits dont 10,8 milliards dans la loi des finances rectificatives et une vingtaine de milliards dans les premiers projets. Des financements qui ont donc permis de mettre à disposition un montant de plus de 5,4 milliards pour le paiement des allocations familiales de près de 172 000 enfants.

D’autres projets sont-ils à prévoir ?

Justement. A partir de septembre nous lancerons la prochaine phase d’immatriculation des Gabonais économiquement faible que j’invite à se présenter nombreux aux différents services dédiés, au moment venu, parce que c’est la première condition sine qua non pour bénéficier non seulement des filets de protection mis en place pour eux mais également pour être pris en compte dans le programme basé sur les activités génératrices de revenu.

En somme, vous voyez que ça bouge de notre côté. Après les décisions prises par le président de la République, nous avons mis en œuvre certains mécanismes de résorption du phénomène de la pauvreté et de la précarité au Gabon. Nous sommes donc partis de l’étude à la remise au gouvernement d’un document rapportant les résultats de ladite étude, tout en déclinant la stratégie, le cadre normatif pour permettre le déploiement de cette stratégie sur la base du collectif budgétaire récemment mis en place.

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