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Quand Boukoubi se prend les pieds dans le tapis
Publié le mardi 22 juillet 2014   |  Gabon Review


Faustin
© Autre presse par DR
Faustin Boukoubi, secrétaire général du parti démocratique gabonais


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S’appuyant sur les résultats électoraux pour la période 2009/2014, le secrétaire général du PDG a tenté, à travers une lettre de remerciements aux électeurs publié le 18 juillet dernier, de démontrer que son parti reste la force politique la plus influente et la plus forte du pays. Reste que la formulation de son texte suscite des commentaires quand elle ne donne pas l’impression d’un acte manqué ou tout au moins d’un aveu.

Pour le secrétariat exécutif du Parti démocratique gabonais (PDG), au pouvoir depuis quatre décennies, les résultats enregistrés ces cinq dernières années prouvent la suprématie de ladite formation politique. C’est en substance le message que Faustin Boukoubi a explicitement laissé entendre la semaine dernière aux lecteurs du quotidien L’union.

Sur la base d’un tableau présentant le «positionnement (provisoire) du PDG aux locales de décembre 2013 et partielles de juin 2014», le secrétaire général du PDG s’est montré plutôt satisfait des victoires engrangées par son parti, balayant d’un revers de la main les accusations récurrentes de tricherie lors des précédentes joutes électorales. A en croire ledit tableau, sur 87 maires et 48 présidents de conseils élus sur toute l’étendue du territoire national, le PDG a engrangé respectivement 68 et 43 : une rafle évaluée à 78% pour les maires et 90% pour les président de conseils. Des chiffres qui témoignent de la bonne santé et du leadership du PDG, présenté «non seulement (comme) le parti dominant», mais également comme «le socle de l’unité de la nation gabonaise» par son premier responsable, qui a quelque peu raillé les «recours parfois abusifs» des opposants tout en appelant les élus de son parti à «exercer leurs mandats avec efficacité, probité et dévouement». Car, a-t-il justifié, les Gabonais ont été fidèles, «malgré une forte adversité sur le terrain, caractérisée par la diffamation, la calomnie et l’invective (des) détracteurs de tous bords».

Pour autant, le propos du secrétaire général du PDG laisse songeur. Comment justifier que son parti puisse contrôler 78% des municipalités, 90% des conseils départementaux en plus des 116 députés sur 120 dans un contexte de «forte adversité» ? De tels chiffres, une telle domination du paysage politique ne traduisent-ils pas plutôt un manque d’adversité ? Sauf à penser que le secrétaire général du PDG a une définition bien personnelle de la «forte adversité», cette situation s’explique difficilement. Faustin Boukoubi voulait-il envoyer un autre message en creux ? Acte manqué, lapsus révélateur ou utilisation de concepts mal maîtrisés ? A chacun de voir.

Dans sa lettre de «remerciements», le secrétaire général du PDG a notamment tenu à saluer l’«élan de confiance» de la population gabonaise qui, au terme des élections locales de décembre 2013 et des partielles du 18 juin 2014, ont «réitéré clairement (leur) attachement à la politique prônée par le distingué camarade président, Ali Bongo Ondimba». Une confiance qui, accordée à 1594 conseillers PDG sur 2404, vise à «structurer et dynamiser l’économie nationale et faire du Gabon un pays émergent à l’horizon 2025», a-t-il justifié. Reste que le libellé de son communiqué continue de susciter des railleries dans les chaumières quand certains ne le décrivent pas simplement comme un aveu implicite. Faustin Boukoubi aurait voulu relancer le débat sur la sincérité des scrutins organisés au Gabon qu’il ne s’y serait pas pris autrement. Décidément, le parti d’Ali Bongo a quelque souci avec sa communication. 2016 s’annonce mouvementé.

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