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"Je laisse à l’histoire le soin de juger nos actions durant ces cinq dernières années..."
Publié le vendredi 9 juin 2023  |  Gabon News
Daniel
© Gabon Review par DR
Daniel Ona Ondo
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C’est fait. Le Pr Daniel One Ondo, le désormais ancien président de la Commission de la CEMAC a passé le relai à son successeur, l’Equato-guinéen, Baltasar Engonga Edjo’o. La passation de charges a eu ce mardi 06 juin 2023 à Bangui, capitale centrafricaine. Le Président sortant, dans son allocution, a souhaité bon vent à la nouvelle équipe qui va diriger l’institution pour un mandat de cinq ans non renouvelable. Nous vous livrons l’intégralité de son discours.

Excellence Madame la Ministre des affaires étrangères
Monsieur le Président de la Commission de la CEMAC :
Excellence mesdames et messieurs les ambassadeurs ;
Madame la vice-Présidente ;
Monsieur le Vice-Président ;
Messieurs les Commissaires ;
Distingués invités ;
Mesdames et Messieurs

La conférence des Chefs d’État de la communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), tenue à Yaoundé le 17 mars 2023, a procédé à la nomination des principaux responsables des institutions, organes, institutions spécialisées et agences d’exécution de la communauté et au rang desquels le Président, le Vice-Président et les Commissaires de la commission de la CEMAC.

La conférence des Chefs d’État a prescrit aux responsables entrants et sortants à procéder, dans les plus brefs délais, à la passation de services selon les meilleurs pratiques en la matière.

Tenant compte de cette prescription, nous avons instruit la passation de services dans les différentes entités. Cela n’a pas été facile, loin s’en faut, mais aujourd’hui, c’est chose faite, à l’exception de la CEBHEVIRA, pour des raisons de force majeure.

Concernant la prestation de serment des nouveaux membres de la Commission, la Conférence a invité à l’organisation de la cérémonie y relative à très brève échéance.

Cette cérémonie vient de se tenir le 2 juin 2023 a Ndjamena avec un peu de retard, certes, mais pour des raisons indépendantes de notre volonté. Le dernier acte qui reste à poser est celui de la passation de services entre le gouvernement entrant et le gouvernement Nous y sommes ce jour et c’est une première au sein de notre communauté.

Cette cérémonie, nous la devons à la volonté du Président de la République centrafricaine, Chef de l’État, son excellence Professeur Faustin Archange Touadera, qui a tenu, en sa qualité de Président en exercice de la conférence des Chefs d’État de la CEMAC, à ce que cette passation de services se déroule à Bangui au siège historique de la communauté.

Je saisis l’occasion pour le remercier, pour toutes les commodités qui ont été mises à ma disposition, pour rendre mon séjour le plus agréable possible à Bangui.

La passation de services faut-il le rappeler, est un processus qui consiste à léguer un poste occupé à un nouvel occupant. Je suis donc heureux de donner la main au nouveau Président, afin d’établir le pont entre le passé et le présent, pour mieux scruter l’avenir et lui donner ainsi une chance de bien gérer son nouveau poste. Car les défis qui l’attendent sont énormes. Ils sont économiques, sociaux et environnementaux et dépassent les simples problèmes administratifs.

C’est donc un passage de témoin comme savent le faire les athlètes dans une course de relais pour permettre à la nouvelle équipe de continuer la course en avant de notre communauté pour en faire un espace intégré, émergent au service de nos populations. Les ouvriers se relaient autour du chantier pour la construction de notre édifice commun.

Le mandat que les Chefs d’État de la CEMAC nous ont confié le 2 novembre 2017 a done pris fin le 02 juin 2023, avec la prestation de serment et l’entrée en fonction du nouveau Gouvernement de la Commission.

La passation de services est donc la dernière formalité à accomplir pour tourner la page de notre mandat et écrire une nouvelle page pour notre communauté.

Cette nouvelle page, nous la voulons belle, riche et prometteuse. Nous n’avons pas d’inquiétude à ce sujet tant les mérites de la nouvelle équipe sont légions.

Tant le programme, que le Président a décliné lors de notre rencontre à mon bureau à Malabo est alléchant, ambitieux et digne d’éloges. Collégialité, solidarité, égalité, justice, transparence, diplomatie, audit des comptes et du personnel, j’en passe. Ce sont les maitres mots de ce programme.

Pour clôturer notre page, j’ai cherché un mot, « le » mot qui caractérise le mieux notre mandat. Plusieurs mots me sont venus à l’esprit : engagement, investissement, travail, responsabilité, inquiétude, équipe, dynamisme, expérience, loyauté, service public, détermination.

Mais ceux qui au final caractérisent le mieux notre mandat et notamment celui de Président de la Commission, ce sont les mots : plaisir et enthousiasme.

Malgré la charge de travail et les responsabilités, chaque jour, je suis venu à la Commission avec plaisir, j’ai travaillé sur de nombreux dossiers et assisté aux multiples réunions avec passion. Et c’est une grande chance, je l’admets.

Je vous souhaite, Monsieur le Président, ainsi qu’à tous les membres de votre Gouvernement, de prendre autant de contentement que moi dans l’exercice de vos fonctions. Plaisir et enthousiasme sont en effet indispensables à la réussite de la mission, des ingrédients doux qui font largement oublier l’amertume des inévitables difficultés.

J’ai tant appris au cours de mon mandat, sur la Communauté, sur les autres et sur moi-même. J’ai découvert beaucoup de choses ;

J’ai souvent été surpris, parfois déçu, j’ai souvent été abusé parfois agacé. Mais je n’ai jamais rien regretté parce que cette expérience fut passionnante et d’une incroyable richesse.

Je voudrais, en cette circonstance au cours de laquelle, j’ai l’agréable plaisir et me fais le devoir de passer les dossiers importants à mon illustre successeur, adresser ma déférente considération et remercier les Chefs d’État de la CEMAC pour cette marque de confiance, à laquelle je reste très sensible.

Je les remercie pour m’avoir attribué la plus prestigieuse des décorations de notre communauté, que j’arbore avec fierté et qui témoigne de la reconnaissance du travail accompli.

Je voudrai dire ma profonde gratitude à son Excellence Ali Bongo ONDIMBA, Président de la République du Gabon, qui m’a proposé à ses paires pour occuper cette prestigieuse fonction.

Merci beaucoup au peuple équato-guinéen et à son Chef Son Excellence Obiang Nguema Mbazogo pour son hospitalité et grâce à laquelle nous avons pu travailler en toute sérénité.

Un grand merci aux membres du Conseil des Ministres de l’UEAC, du Comité ministériel de l’UMAC, du Comité inter-Etats, du PREF-CEMAC, aux institutions, organes, institutions spécialisées et agences d’exécution de la CEMAC et à l’ensemble des collaborateurs qui m’ont accompagné au cours de ce mandat riche en activités dans l’intérêt de la Commission en particulier et de la Communauté en général.

Merci à la communauté internationale : au Fonds monétaire international, à la Banque mondiale, à la Banque africaine de développement à L’union Européenne et aux partenaires bilatéraux pour leur aide inestimable.

Un grand merci à la presse qui a su faire l’écho de notre travail.

A l’heure d’accomplir cette dernière formalité, je mesure que le Président, éphémère animateur, n’est rien sans le soutien et la solidarité de tous les membres.

S’il m’était demandé de définir cet élan de solidarité, de soutien et de complicité, j’oserai répondre que c’est un engagement commun, fraternel pour l’amour de notre Communauté : la CEMAC, qui depuis sa création, et nous le savons tous, est notre trait d’union et le vecteur principal du développement économique de notre sous-région.

Notre vivre ensemble, passe nécessairement par le renforcement de l’intégration régionale. Il s’agit de bâtir ensemble, dans cette diversité qui constitue notre richesse, une Communauté de destin lie. Les Pères fondateurs nous ont laissé cet héritage et nous avons le devoir de le fructifier pour les générations à venir.

Distingués invités, Mesdames et Messieurs

Si l’ai pu froisser quelqu’un ou déplaire aux autres, ce fût par maladresse et non par méchanceté et toujours dans l’intérêt de la communauté. La tolérance étant la charité de l’intelligence, je sais que je serai pardonné.

J’ai souvent été critiqué, attaqué, vilipendé et dénigré à tort ou à raison. Je dirai comme Jésus Christ sur la croix, Seigneur pardonne leur car ils ne savent pas ce qu’ils font.

Pour faire court : je demande pardon à ceux que j’ai offensé et je pardonne à ceux qui m’ont offensé

Je bats ma coulpe pour les insuffisances, les inerties et les erreurs qui ont été constatées dans notre action.

Au cours de notre mandat, nous avons fait ce que nous avons pu.

Je laisse à l’histoire le soin de juger nos actions durant ces cinq dernières années. Mais souvent la critique est aisée mais l’art difficile.

Il serait prétentieux de dire que beaucoup a été fait, je pense au contraire que beaucoup reste à faire en matière de gouvernance, de volonté politique et d’intégration, pour que notre Communauté puisse se développer comme il se doit.

Je ne vais pas ici, m’étaler sur les activités réalisées, mais je suis convaincu, que vous êtes d’accord avec moi, pour dire qu’il y’a eu des avancées significatives et que la Communauté doit demeurer proactive en fonction de l’évolution de la situation économique, de l’environnement sécuritaire et des attentes de ses peuples.

Vous aurez, à l’épreuve du temps, à apprécier les réalisations, dans un contexte difficile, les pas effectués dans le cadre de la poursuite de notre marche vers l’intégration régionale.

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs

Durant notre mandat, la Communauté a toujours rencontré des difficultés internes de mobilisation de la taxe communautaire d’intégration (TCI), pour financer ses programmes et ses activités. La TCI est une recette affectée, c’est une obligation contractuelle de nos Etats.

Malheureusement, ces soucis de trésorerie ont freiné, un temps soit peu, notre action mais pas ébranlé notre volonté de nous inscrire dans une dynamique positive de bâtisseurs.

Je voudrais vous partager mon optimisme pour dire qu’en dépit de cette situation qui tend à devenir structurelle, des séries de mesures ou plutôt des assainissements, parfois difficiles, devraient être pris à tous les niveaux, si nous voulons consolider et continuer à construire notre intégration régionale.

Que peut-on vous souhaiter Monsieur le Président ? D’abord une santé de fer. Je vous souhaite ensuite, la même collaboration que celle qui m’a été accordée. Je suis assuré qu’avec l’équipe qui vous entoure, vous connaitrez un réel succès.

Cette collaboration, Mesdames et Messieurs, je vous la demande. Je vous demande de vous mettre au service de la nouvelle équipe ; Je vous demande de bannir l’esprit de communautarisme qui a tant nui à notre communauté ; je vous demande de cultiver l’unité et la solidarité ; Je vous demande de mettre fin à l’errance ; je vous demande de vous mettre résolument au travail ; je vous demande de laisser tomber les mauvaises pratiques ; je vous demande de cultiver l’esprit d’équipe et l’amour du prochain.

Le Président a besoin de vous, de votre collaboration, dans votre intérêt et celui de notre Communauté. Sans votre collaboration, quelles que soit ses compétences, il ne réussira pas la mission qui lui a été confiée, car comme le dit un proverbe bien de chez nous « un seul doigt ne lave pas la figure ».

En terminant, mon passage à la Commission, et plus particulièrement en tant que Président, a été pour moi l’une des plus belles et enrichissantes expériences de ma vie. J’ai été à l’école de la vie, comme aimait à le dire le feu Président Omar BONGO ONDIMBA.

Ce fut un immense honneur d’avoir pu être votre Président et c’est avec une profonde émotion que je vous dis au revoir.

A ce stade, j’ai une grosse pensée pour mes illustres prédécesseurs : Messieurs : Pierre Moussa, Antoine Ntsimi et Jean Nkuete qui ont dû avoir les mêmes émotions que moi.

Mon engagement au service de notre Communauté se poursuivra certainement sous une autre forme et je me réjouis déjà de cette nouvelle expérience.

Merci à vous tous pour votre soutien, votre participation active, vos éclairages, votre engagement, vos témoignages.

Merci également à l’ensemble des fonctionnaires agents et cadres, qui tous ont œuvré avec professionnalisme et un réel sens du service public. Vous allez beaucoup me manquer.

J’ai un grand regret, c’est celui ne n’être pas resté longtemps en République centrafricaine pour mieux connaitre son peuple et mieux apprécier ce grand pays.

Je finirai mon intervention par cette phrase empruntée à Georges Clemenceau et qui résume si bien, selon moi, la mission de service public qui est la vôtre au service de la Communauté : « il faut savoir ce que l’on veut, il faut ensuite avoir le courage de le dire, il faut enfin avoir l’énergie de le faire ».

Je souhaite au nouveau Président et à son Gouvernement beaucoup de courage et la plus grande réussite.

Vive la CEMAC
Vive l’intégration régionale.
Je vous remercie pour votre aimable attention.

Pr. Daniel ONA ONDO
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