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Port sec d’Eboro : un bond de 3 ans en arrière pour l’incubation d’un petit ‘éléphant blanc’ ?
Publié le mercredi 22 mars 2023  |  Gabon Review
Port
© Gabon Review par DR
Port sec d’Eboro
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Dire que Bilie-By-Nze est au fait du dossier pour l’avoir «touché du doigt», en novembre dernier, alors qu’il était vice-Premier ministre. Le port sec d’Eboro semble pourtant être poussé aux oubliettes. Si la multiplicité des contrôles sur la route nationale entre Eboro et la métropole gabonaise était très récemment au centre d’un atelier visant à en trouver des solutions, il est à s’interroger sur un terrible bond en arrière : il y a 3 ans, un diagnostic avait été posé et des solutions trouvées à ce problème avec, à la clé, la construction du quai d’Eboro et la prise d’un arrêté ministériel l’organisant. Quid aujourd’hui de ce port sec déjà sorti de terre ? Éternel recommencement ? gaspillage des moyens de l’État ? Incubation d’un éléphant blanc ?

Où en est-on avec le port sec d’Eboro ? La question vaut son pesant d’or à l’heure où le gouvernement se dit préoccupé par les tracasseries d’approvisionnement alimentaire de Libreville par la route. En vue d’en mesurer l’ampleur et proposer des solutions, un atelier sur la réduction desdites tracasseries a été organisé par le ministère de l’Agriculture (lire «Étude des tracasseries d’approvisionnement alimentaire de Libreville par la route»). Ce, en prélude des assises contre la vie chère annoncées pour ce mois de mars.

Nombreux sont ceux qui notent qu’il y a 3 ans, une centaine de contrôles sur le trajet Eboro-Libreville avait été dénombré, expliquant la pénurie des denrées alimentaires, les retards, les avaries et finalement l’inflation dans les marchés de la capitale gabonaise.

La problématique avait donc été au centre des préoccupations du gouvernement dans les mêmes termes ou presque que ceux de l’atelier du 17 mars dernier. En pleine crise de Covid-19 et face à l’explosion des coûts des denrées alimentaires, le ministre de l’Agriculture d’alors (Biendi Maganga-Moussavou) entendait sécuriser les importations en provenance du Cameroun. Dans le Woleu-Ntem en avril 2020, il allait finaliser l’implantation du projet de construction d’un quai de transbordement des produits vivriers à Eboro et d’une aire de traitement du bétail sur pied à Meyo Kye. Le port sec d’Eboro devait en effet réduire considérablement les contrôles sur le long du parcours Eboro/Libreville où les contrôles intempestifs ne sont pas du tout légendaires.

Arrêté exécutoire à portée générale du Premier ministre

L’opérationnalisation du port sec d’Eboro doit permettre d’effectuer les contrôles dès la frontière et faire en sorte qu’aucun autre contrôle de denrées alimentaires ne soit autorisé le long de la route. En novembre 2020, le quai de transbordement d’Eboro était presqu’achevé : infrastructure, pont-bascule installé par l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (Agasa), etc. En avril 2021, une décision exécutoire à portée générale du Premier ministre organisant le site d’Eboro était publiée : l’arrêté n°0269/PM portant création, attribution, organisation et fonctionnement d’un dispositif de veille et de prévention des risques sanitaires et phytosanitaires à la frontière d’Eboro.

Point central dudit texte de loi, l’article 8 de l’arrêté concerne, entre autres, le règlement des contributions et frais relatifs aux contrôles. Il dispose notamment que les règlements se font auprès de chaque administration présente au quai d’Eboro contre la délivrance d’une quittance et qu’après règlement, aucun autre paiement ne peut être exigé ni aucun contrôle ou inspection effectué sur les produits et denrées entre le lieu d’entrée à Eboro et leur lieu de destination.

Éternel recommencement ?

On s’étonne donc, à juste titre, d’un retour aux conditions premières de la résolution du problème à travers un atelier, le 17 mars dernier, cherchant encore une évaluation de la situation. On s’étonne également de ce que dans la vague de ses missions d’inspection dans l’hinterland alors qu’il était déjà vice-Premier ministre, l’actuel Premier ministre s’était bel et bien rendu au quai d’Eboro. Il en connait donc le dossier. Que s’est-il donc passé entretemps justifiant un tel rétropédalage, un tel recul, un tel retour vers le passé ?

Après l’atelier du 17 mars constituant véritablement un bond en arrière de 3 ans et au regard de la persistance des contrôles, l’on s’interroge sur le destin du port sec d’Eboro, pourtant déjà sorti de terre. On s’interroge quant au leitmotiv actuel du gouvernement annonçant la lutte contre la vie chère. On s’interroge sur tous les stop-and-go des différents gouvernements. On paraphrase Axelle Kabou et on se demande : «Et si le Gabon refusait le développement ?»
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